Archives de catégorie : Actualité de la gestion

Julien BAYOU attaque pour faux témoignages Frédéric OUDEA et Baudoin PROT

A travers deux courriers envoyés au Procureur de la République, Julien Bayou saisit la justice pour signaler de possibles “faux témoignages” réalisés sous serment par deux grands banquiers, un délit passible de 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Julien BAYOU

Julien BAYOU attaque

Le 17 avril 2012, alors qu’ils étaient auditionnés sous serment devant une commission du Sénat sur l’évasion des capitaux, Frédéric Oudéa et Baudoin Prot, respectivement président-directeur général du groupe Société générale et président du groupe BNP Paribas, déclaraient que leurs banques n’étaient pas concernées par l’évasion fiscale.

Frédéric Oudéa affirmait notamment que sa banque “n’avait plus d’activité au Panama” et Baudoin Prot expliquait que “rien, dans l’activité de [son] groupe, ne conduit à de l’évasion fiscale” (voir citations ci-dessous ou sur le site du Sénat).

Le 3 avril 2016, ces affirmations étaient démenties par les “Panama Leaks”, série de révélations sur les paradis fiscaux à partir des données du cabinet panaméen Mossack Fonseca. L’analyse des données montre que la Société Générale a créé 979 sociétés offshore immatriculées par Mossack Fonseca et ce jusqu’en 2015 quand BNP a pour sa part créé 468 sociétés offshore depuis les années 80.

Les faits contredisent donc les déclarations des deux responsables puisque la Société Générale et BNP Paribas étaient donc très actives au Panama via l’intermédiaire Mossack Fonseca et permettaient à leurs clients de contrevenir aux lois et soustraire leurs avoirs au fisc moyennant rémunération. Ouvrir pour le compte de ses clients une société offshore est bien une “activité” qui “conduit” à de l’évasion fiscale ou y “contribue”. Ces éléments sont confirmés par la première analyse du reporting “pays par pays” publiée en mars 2016 par des associations (le Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre solidaire – CCFD, Oxfam France et le Secours catholique-Caritas France) associées à la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires : la Société Générale a réalisé pour 1,3 milliard d’euros de bénéfices logés dans les juridictions offshores, soit 33% du total des bénéfices mondiaux et BNP Paribas 2,4 milliard d’euros de bénéfices logés dans les juridictions offshores, soit 35% du total des bénéfices mondiaux.

Devant le tollé, M. Oudéa a dû se justifier mais a bénéficié d’un traitement de faveur de la part du Bureau du Sénat qui a estimé lors d’un vote à huis clos que son éventuel faux témoignage ne devait pas être transmis à la justice. Le bureau du Sénat avait pourtant l’opportunité de prouver son attachement à la transparence et à la justice. En tout état de cause, ce n’est pas au législateur de définir qui doit être jugé et qui peut échapper à ses responsabilités, ou si les faits incriminés sont prescrits..

Quant à Baudoin Prot, il n’a même pas été interrogé.

La justice doit se prononcer. C’est pourquoi Julien Bayou a attiré l’attention du procureur de la République pour signaler ces propos.

En France, l’irresponsabilité des banquiers confine à l’impunité. C’est tout simplement insupportable. L’auteur d’un faux témoignage réalisé sous serment encourt jusqu’à 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. On comprendrait mal que les responsables de grandes banques soient jugés différemment. Le sujet est d’autant plus grave qu’il entache au passage la représentation parlementaire.

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Julien Bayou est l’auteur de “Kerviel : Affaire d’Etat – 2 milliards pour la Société en Général

2 197 000 000 euros, c’est la somme offerte par l’État à la Société Générale dans le sillage de l’affaire dite Kerviel car la banque se disait victime d’une escroquerie. Pour Julien Bayou, la banque est responsable et il milite depuis plusieurs années pour qu’elle rembourse ce cadeau équivalent à 130 euros par foyer contribuable.

Pour lui, l’affaire dite Kerviel est en fait une affaire d’État qui révèle l’état de notre démocratie : plombée par les conflits d’intérêt du 1%, la légèreté des élites dans l’utilisation de l’argent public et le renoncement politique face au lobby de la finance. Il formule des propositions pour désintoxiquer la finance et notre démocratie.

Ces 2 milliards à récupérer, Julien Bayou propose de les utiliser pour expérimenter le revenu universel : 1000 euros par mois versés sans condition, ni contrepartie. Pour que ce bonus bénéficie pour une fois à la société, en général

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Déclaration de Frédéric Oudea

“La Société générale a fermé ses implantations dans les pays qui figuraient sur cette liste grise, mais aussi dans ceux que désignait la liste des États non coopératifs, c’est-à-dire en pratique, pour nous, à Panama. […] En complément de ces différentes réglementations, nous avons adopté un code de conduite fiscale comportant des engagements en matière de lutte contre l’évasion fiscale qui a été approuvé par le conseil d’administration du groupe en novembre 2010. Aux termes de ce document, nous entretenons avec les autorités fiscales une relation transparente, nous faisons nos meilleurs efforts en matière de prix de transfert – il s’agit d’un élément important, conformément aux principes de l’OCDE – et, en ce qui concerne la relation avec les clients, nous n’encourageons pas ces derniers à contrevenir aux lois et facilitons donc toutes les déclarations et informations aux autorités fiscales.”

Relancé par un sénateur, le directeur précisait : “Je le répète, nous n’avons plus d’activité ni dans les pays de la liste grise ni dans les États non coopératifs et nous avons été au-delà de ces exigences en fermant nos activités dans les territoires qui ne figuraient pas sur ces deux listes mais qui étaient considérés comme des centres financiers offshore.”

Puis complétait : “nous avons un code de conduite fiscale comprenant un certain nombre de règles que nous demandons à nos salariés de suivre : par exemple, s’assurer que les déclarations fiscales sont établies en conformité avec l’ensemble des lois locales ; ne pas mettre en place ou proposer des opérations à but exclusivement fiscal ; maintenir une relation professionnelle et de coopération avec les autorités fiscales, bref tout un ensemble de principes permettant d’entretenir de bonnes relations avec ces dernières.”

Déclaration de Baudouin Prot

“Vous m’avez également demandé une évaluation du montant de l’évasion fiscale à laquelle contribuerait BNP Paribas. Je serai très clair : comme je l’ai déjà nettement indiqué, rien, dans l’activité de notre groupe, ne conduit à de l’évasion fiscale. Le résultat de BNP Paribas est réalisé, pour l’essentiel, dans les grands centres. […] En conclusion, je le réaffirme, nos activités ne contribuent en aucune manière à l’évasion fiscale.”

Les journées de l’économie autrement

Les journées de l’économie autrement des 25 & 26 novembre 2016 à Dijon

Atelier « Pourquoi et comment monter un garage solidaire ? »

Les frais d’entretien et de réparation d’un véhicule pèsent lourds dans le budget des ménages, en particulier pour les plus modestes. Le manque de mobilité peut être un sérieux frein à l’emploi.

Sur la base de ces constats, des entrepreneurs sociaux ont créé des garages solidaires pour que des publics en grande précarité habitant des territoires fragiles, puissent faire réparer, louer ou acheter un véhicule à moindre coût.

Dans le cadre d’une structure d’économie sociale et solidaire, ces garages offrent aussi un retour à l’emploi à des personnes au chômage. Ancrés dans les territoires, ils s’efforcent de travailler en partenariat avec les garages classiques, mais aussi avec tous les acteurs des plateformes de mobilité. Selon les pouvoirs publics, il y aurait en France une centaine de garages solidaires.

Cet atelier a pour but de donner des repères, de pointer les conditions de faisabilité d’un garage solidaire, de présenter des expériences et d’échanger sur le montage de ce type de structure.

Il sera animé par Jacques Parent, consultant de la société Inédit conseil qui intervient dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

Les témoins qui feront part de leur expérience pour ces journée de l’économie autrement

  • Soufiane Iquioussen, Directeur du garage solidaire du Hainaut, met en place un réseau national dans le cadre d’une SCIC.
  •  Jean-François Samson, Président de la SCIC Pôle mobilité du bassin d’emploi du Havre, a créé un garage solidaire qui est la pierre angulaire de sa plateforme de mobilité.
Voir le programme sur :

www.journeeseconomieautrement.fr

journée économie autrement

Le Centre d’études de l’emploi (CEE) change de nom

Le centre d’études de l’emploi devient le centre d’Études de l’emploi et du travail

Le 1er octobre 2016, le Centre d’études de l’emploi (CEE) intègre le Conservatoire national des Arts et Métiers (Cnam).

Le CEE devient alors le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET), un programme transversal visant à développer la recherche pluridisciplinaire sur le travail et l’emploi, dans une perspective académique et de réponse à la demande sociale. Le CEET s’appuie sur trois laboratoires de recherche du Cnam : le CRTD, le Lirsa et le Lise.

Il mène ses travaux selon quatre axes : ♦ inégalités, discriminations, genre  ♦ politiques publiques, emploi et travail ♦ parcours professionnels et de travail ♦ transformations des organisations, changement technologique et évolutions du travail et de l’emploi.

Le CEET conserve un conseil d’orientation propre où siégera notamment le ministère du Travail.

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Partenariat d’insertion entre l’AFB et la fédération des entreprises d’insertion

A l’occasion de la présentation du Plan d’insertion dans le secteur bancaire des jeunes éloignés de l’emploi à tous les Directeurs des Ressources Humaines des banques membres de l’AFB, l’Association Française des Banques (AFB) et la fédération des entreprises d’insertion signent un partenariat.

En avant pour l’insertion

L’objectif de ce partenariat, au travers de la fédération des entreprises d’insertion, est de pouvoir proposer à la profession bancaire une expertise et une animation dans le développement de parcours d’insertion des personnes éloignées de l’emploi. « Dans cette démarche, l’AFB choisit de privilégier les partenariats avec les professionnels de l’insertion et l’expertise de la fédération des entreprises d’insertion est pour nous une porte d’entrée essentielle pour un accompagnement de terrain, au plus près des besoins de la profession » a souligné Marie-Anne Barbat-Layani, Directrice Générale de l’AFB, lors de la signature.  De son côté, Olivier Dupuis, Secrétaire général de la fédération des entreprises d’insertion, a rappelé « nos entreprises répondent aux enjeux d’achats responsables inscrits dans les actions RSE des entreprises et sont un appui au recrutement de nouveaux talents ». Ce partenariat s’inscrit dans un plan d’action de la profession bancaire pour l’insertion dans l’emploi des publics en difficulté. Il répond ainsi aux engagements pris par la profession lors de la signature du relevé de conclusions du Pacte de Responsabilité.

afb insertion

Nouvelle réglementation des doctorants contractuels : les jeunes chercheurs abasourdis

C’est avec une très grande déception que les jeunes chercheur-e-s prennent acte des nouvelles réglementations du 29 août 2016 relatives aux doctorant-e-s sous contrat doctoral(1), de facto contrat de référence pour les doctorant-e-s. Ce gouvernement a une fois de plus ignoré les propositions construites d’amélioration des textes, proposées par la Confédération des Jeunes Chercheurs(2) : la nouvelle réglementation fragilise un peu plus la reconnaissance du doctorat par un effritement de la contractualisation des doctorant-e-s.
Pourtant, un nombre encore trop important de doctorant-e-s ne sont pas contractualisés pour leur travail de recherche. La Confédération des Jeunes Chercheurs demande des actions concrètes.

Effritement de la contractualisation relative aux doctorant-e-s contractuels

Le contrat doctoral permet désormais aux employeurs de ne plus couvrir la totalité des activités qui concourent aux objectifs de la recherche par un-e doctorant-e sous contrat doctoral. D’une part, la nouvelle réglementation ouvre la porte à une année de travail non-financée avant la prise d’effet du contrat doctoral(3). D’autre part, elle autorise une année de césure, qui là encore ouvre la porte au travail dissimulé. Les jeunes chercheur-e-s appellent les établissements et les écoles doctorales à prendre leurs responsabilités afin que ces situations ne se généralisent pas. Il en va de l’image de la recherche nationale et de son attractivité internationale.

De plus, sous prétexte d’amélioration positive en instituant la modulation annuelle du service d’activités complémentaires, les changements de réglementations rendent possible la transformation des missions complémentaires en vacations, notamment en ce qui concerne l’enseignement. Les jeunes chercheur-e-s appellent les établissements employeurs à ne pas dégrader leurs conditions de travail : les vacations n’ouvrent pas droit aux cotisations sociales ou à toute autre forme de couverture salariale donnée par les activités complémentaires intégrées au contrat doctoral, et sont souvent payées en retard.

Plus généralement, les jeunes chercheur-e-s craignent une séparation, à terme, de la recherche et de l’enseignement, dont l’association fait pourtant la spécificité de l’Université. Aujourd’hui, l’activité d’enseignement peut être complètement externalisée du contrat doctoral. Demain, la création de contrats d’enseignement de trois ans sans recherche associée, déjà évoquée4, pourrait devenir un ersatz de contrat pour les doctorant-e-s qui ne subsistent actuellement qu’avec un service de vacations, sans même être contractualisés pour leur travail de recherche. Un tel contrat ne garantirait pas de bonnes conditions de travail aux doctorant-e-s et nierait l’expérience professionnelle de recherche attachée au doctorat(5).

Rémunération : un signal en demi-teinte

C’est dans une volonté totalement assumée du ministère que la hausse de la rémunération des doctorant-e-s sans activité complémentaire s’est faite au détriment de celle des doctorant-e-s avec activité complémentaire. Malgré l’annonce en 2006 de rémunération des doctorant-e-s à 1,5 SMIC, seule la rémunération des doctorant-e-s contractuels avec activité d’enseignement tendait initialement à respecter cette promesse. Le gel des rémunérations de la fonction publique et l’augmentation du SMIC y ont progressivement mis fin. Avec la réforme de 2016, cet objectif de salaire de tout-e doctorant-e contractuel semble avoir été totalement oublié, même pour les doctorant-e-s enseignant-e-s.

La rémunération de l’activité d’enseignement est réduite de manière conséquente, ce qui envoie un signal résolument négatif sur l’importance que donne le ministère à l’enseignement dans le supérieur et diminue dans le même temps l’attractivité de cette activité.

Par ailleurs, si le ministère indique que ces changements de rémunérations se font à budget total constant, il pourrait s’agir en réalité d’une mesure d’économie. Cela sera le cas si la rémunération des activités d’enseignement se fait à l’avenir sous forme de vacations et non plus dans le cadre du contrat doctoral, les charges associées étant inexistantes dans le cadre des vacations.

À défaut d’une augmentation du niveau maximum de rémunération, la Confédération des Jeunes Chercheurs demande à ce qu’un effort budgétaire conséquent soit engagé dès à présent afin de tendre vers une contractualisation de tou-te-s les doctorant-e-s pour leur travail de recherche.

Gestion des conflits et représentation des doctorant-e-s

Les jeunes chercheur-e-s restent vigilants concernant les dispositions prises quant à la gestion des conflits. La disparition de la commission consultative des doctorant-e-s contractuels au profit du rattachement des doctorant-e-s contractuels à la commission mixte paritaire ne saurait être une évolution positive si les établissements employeurs ne s’assurent d’une présence effective, dans cette commission, des doctorant-e-s en tant que personnels.

La Confédération des Jeunes Chercheurs réitère son appel adressé à l’ensemble des établissements d’inscription en doctorat : la création d’une commission de médiation pour tous les doctorant-e-s, quelles que soient leurs conditions contractuelles.

CONFEDERATION DES JEUNES CHERCHEURS contact@cjc.jeunes-chercheurs.org

confederation jeunes chercheurs cjc doctorant-e-s contractuels

La CJC (Confédération des Jeunes Chercheurs) est une association de loi 1901, nationale et pluridisciplinaire. Elle regroupe une quarantaine d’associations de doctorant-e-s et de docteur-e-s en emploi non permanent, bénévolement impliqués dans la valorisation du doctorat. Au niveau national, par son expertise sur le doctorat, elle est un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics (syndicats, Parlement, Ministères, Élysée, Commission Européenne…). Au niveau européen, elle participe à la réflexion sur le doctorat et les jeunes chercheur-e-s par l’intermédiaire du conseil EURODOC, dont elle est membre fondateur.



1 https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/8/29/MENH1619632D/jo/texte et https://www.legifranc e.gouv.fr/eli/arrete/2016/8/29/MENH1619655A/jo/texte

2 http://cjc.jeunes-chercheurs.org/positions/communique_cjc_simplification_vacations_2016_06_24.pdf et http://cjc.jeunes-chercheurs.org/positions/CP-06-03-2016-Décret.pdf

3 Article 3 du Décret n° 2009-464 du 23 avril 2009 modifié par l’Article 2 du Décret n° 2016-1173 du 29 août 2016

4 http://www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/8/3/1150683-agenda-social-original.pdf

5 reconnue tant par la loi (article L612-7 du code de l’Education) que par la Charte européenne du chercheur & le Code de conduite pour le recrutement des chercheurs , créés en particulier par les efforts de la France

Séjours à l’étranger : un impact très relatif sur l’insertion en France

La mobilité internationale en cours d’études est souvent considérée comme un atout indiscutable pour réussir son entrée dans la vie active. La nouvelle analyse du Céreq vient sérieusement troubler cette certitude, à propos des séjours à l’étranger sur la base d’une observation attentive de l’insertion professionnelle.

Séjours à l’étranger : un atout ?

L’enquête Génération 2010, menée en 2013 auprès des jeunes ayant quitté le système éducatif en 2010, révèle d’abord que les séjours à l’étranger en cours d’études ont concerné près d’un tiers de ces jeunes sortants. Elle montre ensuite que selon le niveau de formation et le niveau social, cette mobilité internationale est plus ou moins répandue et prend des formes très différentes. Ainsi, au cours de leur dernier cursus, les plus diplômés sont partis bien plus fréquemment (65% pour les écoles d’ingénieur ou de commerce) et pour des séjours à l’étranger souvent bien plus longs. De leur côté, seuls 5% des sortants de l’enseignement secondaire sont concernés et essentiellement pour de très courts séjours linguistiques. Compte tenu de ces inégalités, les caractéristiques des jeunes partis à l’étranger en cours d’études les prédisposent à une meilleure insertion. C’est d’ailleurs ce qui est constaté. Mais l’analyse du Céreq montre au final que pour des jeunes diplômés ayant le même profil (même niveau de diplôme, mêmes origines sociales et  même sexe), avoir séjourné à l’étranger en cours d’études a un effet très limité ou nul sur la situation professionnelle à trois ans en France. Il faut toutefois mentionner que la situation des jeunes expatriés n’est pas observée et que les débuts de carrière à l’étranger restent inconnus.

Environ 210 000 jeunes (soit 30% de la Génération) ont séjourné à l’étranger au cours de leur scolarité ; parmi eux, 72 000, soit 10% de la Génération, ont effectué un séjour durant le dernier cursus de formation.  L’Europe est la  principale destination de ces jeunes, avec au premier rang le Royaume-Uni. Les grandes écoles de commerce et d’ingénieurs intègrent beaucoup plus que les universités les séjours à l’étranger dans leur cursus. Si 17% des diplômés de master 2 sont partis à l’étranger au cours de leur dernier cursus, c’est le cas de 65% des diplômés de ces écoles. Quant aux origines sociales, c’est 17% des enfants de cadre qui ont effectué ce type de séjour contre 6% d’enfants d’ouvrier.

Les auteurs ont établi une typologie en fonction des caractéristiques des séjours (stages, échanges scolaires, etc.). La durée est la caractéristique la plus clivante. Les séjours plus longs concernent en majorité les jeunes les plus diplômés et issus d’un milieu social favorisé.

Au niveau de l’insertion professionnelle, les jeunes diplômés du supérieur ayant séjourné à l’étranger au cours de leur dernier cursus, se trouvent certes en 2013 dans une situation professionnelle nettement plus favorable que ceux qui ne sont pas partis. Mais une analyse plus poussée montre qu’il ne s’agit en général que d’un avantage apparent. En effet, cet avantage est essentiellement voire totalement lié aux caractéristiques des jeunes partis à l’étranger : origines sociales plus favorisées, niveaux de diplôme plus élevés dans des filières plus sélectives, etc. A caractéristiques identiques, les divers types de séjours à l’étranger n’ont aucun effet significatif sur la probabilité d’être en emploi ou d’avoir un statut stable (CDI, fonctionnaire) après trois ans de vie active. Seuls quelques effets significatifs mais d’ampleur limitée sont visibles sur des attributs de l’emploi comme le salaire ou la probabilité d’être cadre, pour certains types de séjour à l’étranger comme les longs séjours.

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Rentrée 2016 : les actions de Campus France pour les étudiants étrangers

Pour faciliter l’arrivée en France desétudiants étrangers, Campus France a initié ou poursuivi, cette année, un certain nombre d’actions pour les étudiants étrangers.

Une action territoriale pour les étudiants étrangers

En Ile-de-France

  • Tout d’abord, le jeudi 15 septembre, l’équipe de Campus France accueillera dans ses locaux parisiens (28, rue de la Grange aux Belles 75010) de 13h à 18h les étudiants étrangers boursiers d’Ile-de-France. Ce sera l’occasion de répondre à leurs différentes questions sur leur arrivée et leur installation. Des réponses seront apportées aux questions d’hébergement, de titre de séjour, de logement, protection sociale, vie culturelle…Pour rendre cet événement le plus enrichissant possible pour les étudiants, l’Office Français de l’Immigration et de I ‘intégration, des banques, des mutuelles Etudiantes, une association étudiante, le Service Interuniversitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé…seront, également, présents dans le hall de Campus France pour les aider dans leurs démarches (ex : ouverture d’un compte bancaire…).
  • Toujours dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’accueil des étudiants étrangers, Campus France, en partenariat avec IxESN France, organise des parrainages d’étudiants. Le buddy system, programme de parrainage, permet à un étudiant en France d’accompagner un étudiant étranger primo-entrant avant son arrivée et pendant ses premières semaines d’installation. ESN est un réseau d’associations locales réparties dans 34 villes universitaires et regroupe plus de 800 bénévoles. En 2015, la plate-forme a été développée dans une quinzaine de villes: 6935 inscrits en 2015-2016, 3517 binômes, 124 nationalités, 359 universités et école. Campus France a fait la promotion auprès des étudiants internationaux via ses réseaux sociaux, les Espaces Campus France dans le monde, auprès des boursiers dont elle gère la bourse et des établissements membre du forum Campus France. Les étudiants se sont inscrits sur la plateforme en fonction de leur ville de destination.
  • Pour faciliter l’intégration des étudiants dans leur ville, Campus France met à leur disposition des «fiches Villes » comportant des informations pratiques sur l’arrivée et l’installation.
  • Au-delà de la rentrée universitaire, Campus France accompagne les étudiants tout au long de l’année. De nombreuses sorties culturelles sont proposées aux étudiants. Il peut s’agir d’un week-end en région, de courts séjours sportifs ou touristiques, de visites de monuments, de spectacles….

A l’occasion de Noël, Campus France proposera aux étudiants de passer Noël en Famille. Campus France propose à des familles en Ile-de-France d’inviter un étudiant international pour partager un moment en famille ou entre amis le 24 ou le 25 décembre.

En régions

  • Campus France organise des visites guidées de la ville de Lyon, de Toulouse et de Montpellier. A Lyon Campus France de Lyon participe, également,  au dispositif de rentrée de l’Université de Lyon (Student Welcome Desk).
  • A Strasbourg, Campus France est partenaire de La Soirée des étudiants internationaux.

Pour information Campus France gère environ 22 000 boursiers étrangers d’études et de stage. Cette année 300 nouveaux étudiants boursiers sont attendus en Ile-de-France. La France est le 3ème pays d’accueil des étudiants étrangers en France (près de 300 000 étudiants étrangers en France en 2014-2015).

En savoir plus sur : http://www.campusfrance.org/fr/

Campus France étudiants étrangers

L’AFEP répond à Pierre Cahuc et André Zylberberg sur Le négationnisme économique…

C’est avec sidération que l’AFEP a pris connaissance du titre, indécent, et du contenu, indigne de notre éthique scientifique, du pamphlet, Le négationnisme économique, et comment s’en débarrasser, commis par deux économistes prétendant pourtant à la respectabilité : Pierre Cahuc et André Zylberberg.

L’AFEP contre la vision de Pierre Cahuc et André Zylberberg

Voici donc la conception que ces économistes se font du débat scientifique : ils détiennent la vérité et leurs contradicteurs ne peuvent être qu’obscurantistes et négationnistes ! Cet ouvrage témoigne ainsi des lacunes abyssales, en histoire des idées économiques et en épistémologie des sciences sociales et expérimentales, de ses deux auteurs, qui ignorent même les travaux récents du prix Nobel Angus Deaton … sur les dispositifs expérimentaux !

Une telle attitude dans le champ scientifique serait risible si elle n’était dangereuse. En refusant le droit d’exister à tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue, c’est à la promotion d’une science officielle qu’ils nous convient. L’usage du terme « négationnisme » montre d’ailleurs, de la part des auteurs, soit une ignorance coupable de ce qu’est le négationnisme, soit une violence inédite et tout à fait déplacée. Une violence qui ferme toute possibilité d’échange : comment pourrions-nous débattre avec des individus qui, non seulement, nous refusent toute qualité scientifique, mais, qui plus est, font de notre liquidation la finalité explicite de leurs écrits !

Contre cette charge médiatique, l’AFEP réaffirme qu’il ne saurait y avoir un vrai débat scientifique en économie – comme dans les autres disciplines – sans pluralisme des méthodes, des idées et des concepts. Elle s’oppose frontalement à la vision dogmatique et intégriste défendue dans Le négationnisme économique. Elle défend tout autant les approches expérimentales que la philosophie économique, les keynésiens que les hayékiens, les partisans de la baisse des cotisations que ceux de la réduction du temps de travail parce qu’elle veut une science ouverte, une science qui ne s’abandonne pas au délire dans lequel sombrent ces deux tenants d’une discipline « débarrassée des controverses » !

Face à la menace que fait peser sur les sciences économiques l’attitude déraisonnable, irrespectueuse et violente d’auteurs pourtant nimbés de respectabilité académique, l’AFEP en appelle à la réaction de tous ceux qui sont attachés au pluralisme et au débat.

Il s’agit, pour tous, orthodoxes et hétérodoxes, économistes et chercheurs en sciences sociales, ainsi que les diverses institutions structurant le champ (CNRS, EHESS, CNU, AFSE, Association Charles Gide…) de dénoncer haut et fort cette conception guerrière du travail scientifique.

Tous sont invités à débattre des « vertus du pluralisme » lors d’une soirée que nous organiserons à Paris lors du mois d’octobre 2016.

afep Pierre Cahuc et André Zylberberg

Le niveau de vie en France en 2014 selon l’INSEE

En 2014, en France, le niveau de vie médian de la population s’élève à 20 150 euros annuels, soit un montant proche de celui de 2013 en euros constants. Il stagne depuis le début de la crise, en 2008. Dans le haut de la distribution, la situation continue de se dégrader, mais de façon moins marquée qu’en 2013.

Le niveau de vie en France en perpétuelle évolution

Dans le bas de la distribution, après la hausse de 2013, le niveau de vie du premier décile se stabilise. En 2014, les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 770 euros. Les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie au moins 3,5 fois supérieur, au-delà de 37 260 euros.
Après deux années de baisse, les inégalités globales, mesurées par l’indice de Gini, se stabilisent en 2014. Depuis le début de la crise économique, les inégalités se sont un peu plus réduites en France que dans le reste de l’Union européenne à 27.
Le seuil de pauvreté, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 1 008 euros mensuels. La pauvreté ainsi définie touche 14,1 % de la population, proportion stable par rapport à 2013.
La situation vis-à-vis de la pauvreté est grandement dépendante du statut d’activité. En 2014, 36,6 % des chômeurs vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La situation familiale joue aussi un rôle important, 35,9 % des personnes vivant dans une famille monoparentale sont pauvres en termes monétaires.

insee niveau de vie

Signature d’un accord cadre de partenariat entre l’Anact et l’INRS

L’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) et l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) viennent de signer un accord-cadre de partenariat pour formaliser leurs coopérations et tirer parti de leurs complémentarités. Cet accord est valable pour une durée de trois ans.

Ce protocole d’accord, paraphé par le directeur général de l’INRS, Stéphane Pimbert, et le directeur général de l’Anact, Hervé Lanouzière, établit le cadre pour le partage de ressources sur des sujets communs aux deux organismes au bénéfice du monde du travail. Ce partenariat se concrétisera, par exemple, par la production conjointe de publications, la participation commune à l’organisation de conférences, de colloques ou de congrès internationaux, des actions de formation, des projets d’études et de recherche, la valorisation de résultats au bénéfice de la prévention des risques professionnels…

Pour l’Anact comme pour l’INRS, cet accord s’inscrit dans le développement d’une politique de partenariats avec les acteurs de la prévention des risques professionnels. Ces partenariats doivent permettre de garantir la cohérence des priorités et des actions menées, comme la recherche de complémentarité et de synergie dans le respect des compétences de chacun. Il s’agit de valoriser une approche globale et dynamique des conditions de travail et de la santé au travail. Une interview commune des deux directeurs, à propos de la signature de cet accord, est publiée sur le site de chacun des deux organismes : www.anact.fr et www.inrs.fr .

anact
  • Le réseau Anact-Aract se compose de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), établissement public administratif, sous tutelle du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue social et d’un réseau de 25 associations régionales pour l’amélioration des conditions de travail (Aract). Le réseau Anact-Aract a pour vocation de mettre en capacité les salariés et directions, plus particulièrement dans les petites et moyennes entreprises, de recourir à des méthodes et outils efficaces pour améliorer les conditions de travail dans un objectif partagé : transformer à leur avantage les contraintes et défis d’aujourd’hui et de demain.
  • L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) est une association loi 1901, créée en 1947 sous l’égide de la CNAMTS, administrée par un Conseil paritaire (employeurs et salariés). De l’acquisition de connaissances jusqu’à leur diffusion, en passant par leur transformation en solutions pratiques, l’Institut met à profit ses ressources pluridisciplinaires pour diffuser une culture de prévention dans les entreprises et proposer des outils adaptés à la diversité des risques professionnels. L’action de l’INRS s’articule autour de quatre missions complémentaires : études et recherche, assistance, formation, information. L’INRS, c’est aujourd’hui 586 collaborateurs répartis sur deux sites : à Paris (210 personnes) et en Lorraine (376 personnes).

scanR : première cartographie de la “Recherche et Innovation” en France

Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lance scanR, la première application donnant à voir une cartographie “Recherche et Innovation” des laboratoires publics et des entreprises en France.


scanR est lancé

Développée par les équipes du ministère et C-Radar, scanR est une application qui vise à mieux faire connaitre et donner à comprendre les orientations scientifiques, les partenariats, l’activité des structures publiques et des entreprises s en matière de R&D et d’innovation.

En combinant des données issues uniquement de sources ouvertes et des informations extraites des sites web des entités, scanR propose, pour près de 15 000 acteurs de la recherche implantés en France, un vaste ensemble d’informations permettant de les décrire et de les caractériser :

  • Localisation
  • Responsables et dirigeants
  • Thématiques
  • Relations institutionnelles et participations aux réseaux de recherche
  • Publications et thèses
  • Projets de recherche engagés via des Appels à projets (AAP)
  • Brevets publiés
  • Entreprises essaimées

scanR est proposé en version bêta avec en plus des informations descriptives les principales fonctionnalités suivantes :

  • un moteur de recherche auquel il est possible d’associer des filtres;
  • des graphiques dynamiques ; un accès à une grande partie des données sous-jacentes proposées en licence ouverte ;
  • une application responsive ;
  • de larges possibilités de réutilisation notamment via la mise à disposition d’une API ;
  • la possibilité de réagir sur le contenu proposé pour contribuer à améliorer la qualité et la pertinence.

https://scanr.enseignementsup-recherche.gouv.fr/

scanR

Que cache le Burkini ? Selon Patrice Cailleba Enseignant-Chercheur à l’ESC Pau

Patrice CaillebaEnseignant-Chercheur en Management et Directeur des accréditations à l’ESC Pau, nous présente une réflexion sur le port du Burkini.

Extrait d’une conversation qui aurait pu avoir lieu sur la côte basco-landaise cet été :

« Bonjour madame, Police Municipale. Vous êtes au courant de l’arrêté de Monsieur le Maire concernant l’interdiction de porter le burkini sur notre plage ?

 Bonjour, Monsieur l’agent. Comment allez-vous ? Non je n’étais pas au courant. Et en quoi, puis je vous demander, cela me concerne-t-il ?

 C’est que madame vous en portez un, si je puis me permettre…

 Je comprends votre méprise Monsieur l’agent, mais cela est une combinaison de plongée. En effet, j’attends mon moniteur pour ma séance de… body board. Veuillez m’excuser mais je ne sais jamais trop comment cela s’appelle ce sport. Je dois confesser que je ne parle pas trop bien l’anglais.

 Madame, vous êtes bien courageuse à votre âge de vous mettre à un sport de glisse.

 Vous savez monsieur l’agent, il n y a pas d’âge pour commencer. Et puis ces JO m’ont redonné le goût du sport. Vous avez vu les résultats de nos équipes de France. J’ai bien apprécié les regarder, surtout la natation et la boxe.

 Oui, vous avez raison. Mais, sans trop insister, vos cheveux, vous les couvrez pour ne pas les tremper ?

 Évidemment, je ne supporte pas d’avoir à les laver tous les jours et compte tenu qu’ils sont assez longs j’ai peur qu’ils me gênent au moment de prendre la vague. Une perte d’équilibre est si vite arrivée, à mon âge…

 Ah je comprends.

 Voulez-vous un verre de thé ? Mon réchaud est là. C’est à mon tour d’insister. »

Prenez ces personnages et affublez-les, l’un d’un accent du sud-ouest et l’autre d’un accent… quel qu’il soit. Vous aurez alors la saynète la plus cocasse de l’été entre le policier tenu de faire son devoir, mais qui n’est pas dupe, et une plagiste qui peut être musulmane, mais qui n’est en tout cas, ni une terroriste, ni une prosélyte.

Réduire une pratique religieuse au port d’un vêtement de baignade est tout aussi peu pertinent que l’interdire sur « le » lieu public qui est devenu le lieu de toutes les libertés vestimentaires. « Homme libre, toujours tu chériras la mer » écrivait Baudelaire. Même si le poète ne pensait pas directement à la plage, où peut-on voir des hommes et des femmes librement se promener en sous-vêtements imperméabilisés (à savoir des maillots de bain) sans s’en offusquer ou être gêné ? Où peut-on voir des hommes et des femmes à la poitrine dénudée, juste à côté de soi sans les fixer du regard ? Où peut-on voir des gens évoluer, comme ils ont été mis au monde, en tenue d’Adam ou d’Ève ?

Dans Corps de femmes, regards d’hommes, J.-C. Kauffman a longuement écrit sur la plage européenne qu’il décrit comme un lieu du non-règlement vestimentaire où s’exprime et s’expérimente la diversité des comportements. Le sociologue a souligné cette progressivité dans la construction d’espaces pacifiés où des normes implicites finissent par apparaître, se modifier et perdurer. Le regard des individus sur le corps de leurs congénères est tout à la fois le fruit de l’éducation, de la socialisation et du contrôle de soi. Comment pourrait-il en être autrement à la vue d’une tenue de baignade dans cet espace ouvert ? Et comment cette tenue pourrait-elle en plus mettre en péril la « civilisation des mœurs » de N. Elias ?

Bien sûr, on peut justement objecter que, autour du bassin d’une piscine municipale, cela est différent. Dans ce cas-là, le règlement interdisant tout autre port que le maillot de bain devrait suffire. Mais on ne peut fermer l’espace d’une plage où tout le monde est libre de s’habiller (et non de se dévêtir) comme il le souhaite. Par ailleurs, on doit encore moins pouvoir privatiser une plage : toute tentative doit être évidemment sanctionnée. Dans tous les cas, un vêtement qui est apparu il y a à peine une décennie ne peut ni forger une tradition religieuse, ni même mettre à mal une tradition et des valeurs républicaines qui, elles, sont plus que centenaires.

L’argument qui consiste à indiquer que, dans certains pays, des tenues vestimentaires sont imposées aux individus dans n’importe quel espace public, en particulier aux femmes, ne fait que confirmer l’évidence. La liberté n’est pas la même partout et il est certain que les ressortissant(e)s des pays occidentaux sont plus libres qu’ailleurs. C’est cette liberté qui fait toute la valeur de nos démocraties. Mais réduire une liberté ici parce qu’elle est gravement limitée là-bas n’est pas à l’honneur d’une démocratie avancée. Prenant prétexte de l’asservissement de certaines femmes du fait d’un courant religieux radical, on les obligerait à se dévêtir, là où ailleurs d’autres les obligent à se vêtir. Au final, on continue à dicter leur comportement. Décidément, les contraires ont les vertèbres collées.

Il n’est pas nécessaire de revenir sur la faiblesse de l’argutie qui justifie les arrêtés interdisant le burkini. T. Hochmann (Le Monde, 20/8/16) a exprimé la faute juridique et politique que cela constituait. Obliger, à juste titre, à dévoiler un visage dans l’espace public est bien différent d’obliger à dévoiler une partie d’un corps sur une plage. Il n’y a pas de vêtement laïc. Il y a d’abord et surtout le besoin de reconnaître concrètement et symboliquement le visage de l’autre, comme l’écrivait Lévinas dans Ethique et Infini. Il s’agit alors tout autant de relation éthique que, de nos jours, d’une question de sécurité publique.

La difficile réponse à la menace terroriste ne peut pas passer par l’ostracisation d’une combinaison de baignade au risque de cliver davantage la population. Une minorité de femmes est concernée et ce sont elles qui sont fustigées, au bonheur de ceux qui condamnent une France qu’ils veulent raciste. Il serait en fait plus efficace d’œuvrer concrètement à la promotion du droit des femmes au travail (égalité de traitement) ou à leur défense dans leur environnement familial pour leur donner tort. Ce serait alors le meilleur moyen de gagner le soutien de ces dernières qui sont essentielles dans la lutte contre toute forme d’obscurantisme religieux et politique, et dont le statut est le révélateur de toute véritable civilisation.

Dans notre démocratie médiatique, il est plus facile de prendre une mesure relative à un fait divers, fut-il un « fait social total » comme le définit Marcel Mauss, et d’en discuter à l’envi au lieu d’adresser les vrais problèmes de notre société. L’obscurantisme a ceci de commun avec la démagogie qu’il est produit par la peur, l’ignorance et la simplification à outrance de certains problèmes. Tout comme le burkini cache ce que tout le monde devine, cette polémique cache le fonds social des problèmes majeurs qui restent à traiter : l’échec partiel du modèle d’intégration et de l’école républicaine, la crise de l’emploi et du logement.

La polémique autour d’un sujet si anecdotique en dit long sur la crispation politique qui se saisit de nos élites politiques. Serait-ce le produit d’un manque d’idées ou le fruit d’une ambition politique qui vise à flatter les peurs des futurs électeurs ? La trêve estivale s’achève sur une union fragile : la condamnation générale des terribles actes terroristes du mois de Juillet et la célébration sportive autour des champions nationaux, de l’UEFA 2016 aux Jeux Olympiques de Rio. Il est temps de retrouver calme et sérieux en cette période pré-électorale qui débute. Ce qui fonde « le désir de vivre-ensemble » comme l’écrivait Renan ne doit pas continuer à être battu en brèche par l’obscurantisme d’un côté et la démagogie de l’autre.

L’auteur de “Que cache le Burkini ?”

Patrice Cailleba est docteur en philosophie de l’université Paris-Sorbonne et diplômé de l’ESCP. Il est Professeur au Groupe ESC Pau. Ses recherches concernent l’éthique, la philosophie politique mais aussi la diversité et les lanceurs d’alerte.

patrice cailleba Burkini

Michèle Amiel nouvelle DG Adjointe en charge du Social au MEDEF

Le MEDEF annonce la nomination de Madame Michèle Amiel en tant que Directrice Générale Adjointe en charge du Social. Elle prendra ses fonctions le 25 août prochain.

Michèle Amiel en charge du Social au MEDEF

Fille d’un entrepreneur du Nord de la France, Michèle Amiel, Diplômée de l’ESSEC, est titulaire d’un Doctorat en Sciences de Gestion à l’Université d’Aix Marseille III. Elle a été professeur et chercheuse à l’ESSEC et à l’université Paris I Panthéon Sorbonne avant de créer et diriger une société de conseil en stratégie, puis d’entamer une carrière dans le secteur des produits et de la distribution dans le Groupe LVMH, occupant au sein d’entités de tailles diverses des postes de direction en France et à l’international et des fonctions opérationnelles de Direction Générale.
Ses responsabilités l’ont conduite à mener des projets de croissance mais également des réorganisations conséquentes. Rompue aux négociations sociales en entreprise, y compris dans des contextes difficiles, elle est habituée à la conduite du changement et à la gestion de projet. Femme engagée, ex chef d’entreprise, elle dispose à la fois d’une bonne connaissance des enjeux nationaux sur l’ensemble des thèmes sociaux couverts par le Pôle et d’une expérience de terrain des problématiques de la vie des entreprises dans la mondialisation.
Le pôle Social du MEDEF couvre les domaines des Relations sociales, de la Protection sociale, de l’Education et de la Formation et du Logement.

Michele Amiel MEDEF

Martine PINVILLE labellise 16 « Pôles d’Innovation pour l’Artisanat »

Dans le cadre de son action en faveur de l’innovation dans l’artisanat, Martine PINVILLE, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire, a labellisé en juillet 2016, 16 « Pôles d’innovation pour l’Artisanat » (PIA). Ces PIA encouragent le développement de solutions nouvelles dans le secteur de l’artisanat pour répondre aux mutations de l’économie française et mondiale.

Créé en 1991, le label « pôle d’innovation pour l’artisanat » accompagne les artisans dans l’intégration de solutions innovantes dans leurs produits, services, procédés et organisation, pour leur permettre de gagner en productivité, compétitivité et visibilité. Vingt-cinq ans après la création du label, les besoins des entreprises artisanales ont profondément évolué : le rythme de l’innovation s’est accéléré et l’appropriation par les artisans de solutions nouvelles conditionne désormais leur capacité à résister à la concurrence et à renforcer leur compétitivité.

La nouvelle labellisation des pôles mise en place en 2016 repose sur un cahier des charges valorisant la recherche de synergies, de mutualisation de projets, d’échanges et de transferts d’expérience ainsi que le renforcement des outils de suivi et d’évaluation.Pour procéder à cette nouvelle labellisation, un comité de sélection a réuni les représentants du ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, de l’Union professionnelle artisanale (UPA), de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) et de l’Institut supérieur des métiers (ISM), membres permanents, et d’autres représentants de ministères et d’organisations professionnelles, en fonction des thématiques.

Liste des Pôles d’Innovation pour l’Artisanat

Ce comité de sélection a examiné 29 candidatures et retenu 16 d’entre elles :

ARDATmv (75 PARIS) Association de recherche, Développement et assistance Technique pour les métiers de la viande
ATEN (14 Caen) Artisanat et technologies Numériques
CEPROC (75 Paris) Centre Européen des Professions Culinaires
CERFAV (54 Vanne le Chatel) Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers
CIRBAT (Ile de la Réunion) Centre d’Innovation et de Recherche sur le Bâti Tropical
CNIDEP (54 Nancy) Centre National d’Innovation pour le Développement Durable et l’Environnement dans les petites entreprises
CNIFPD (75 Paris) Centre National d’Innovation et de Formation des Prothésistes Dentaires
CNISAM (87 Limoges) Centre National de l’Innovation, Santé, Autonomie et Métiers
COPROTEC
(68 St Croix en Plaine)
Association des Professionnels de l’Energie
CTAI (68 Colmar) Centre de Technologies et Usages Numériques
CTMP (92 Levallois Perret) Centre Technique des Métiers de la Pâtisserie
PIA Filière Bois (75 Paris) Institut Européen de la Menuiserie, Agencement, Ebénisterie, fusionné avec l’Institut de la Charpente et de la Construction Bois (Compagnons du devoir)
INPB (76 Rouen) Institut National de la Boulangerie et de la Pâtisserie
IRIS ST (75 Paris) Institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail
ITEMM (72 Le Mans) Institut technologique Européen des Métiers de la Musique
IFRAM (76 Villers Ecalles) Institut de Formation et de Recherche pour les Artisanats des Métaux

Le label donnera lieu à un contrat de labellisation qui définira notamment les actions prioritaires du Pôle pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2020, ainsi que les engagements réciproques du PIA et de l’Etat. Afin de contribuer au financement d’actions innovantes, l’Etat pourra apporter des subventions à travers des conventions annuelles de financement signées avec les Pôles et ciblées sur les interventions prioritaires prévues par leur contrat de labellisation. Pour Martine PINVILLE : « cette labellisation marque une avancée importante dans l’accompagnement par l’Etat des entreprises artisanales dans leur démarche d’innovation et de recherche de compétitivité. Nous veillerons à ce que cette dynamique d’innovation artisanale, portée par les « pôles d’innovation pour l’artisanat », soit animée par l’ensemble des acteurs dans les territoires ».

Pôles d'Innovation pour l'Artisanat