Dans le cadre d’une conférence sera traité le thème des attentes des consommateurs martiniquais d’une production agricole locale saine : les enseignements du projet ECOPHYTO-PUMAT, le jeudi 12 septembre 2024 de 8h à 12h30 (heure Martinique) à distance via un lien ZOOM.
Consommer et produire une alimentation saine est-il foncièrement souhaité par les martiniquais ? Convient-il de développer sur le territoire martiniquais une production certifiée sans pesticides ? Et si c’est souhaitable par quels moyens développer ce type de production ? Ces questions ont été traitées par le programme PUMAT qui s’est déployé depuis 2021 en réponse à un appel à projets Ecophyto 2.
La conférence organisée a pour objet de présenter les résultats obtenus mais aussi d’en débattre avec les citoyens et les parties prenantes pour analyser le champ des possibles.
Organisé par le Faculté de Droit et d’économie, Pôle Schoelcher, Martinique Université des Antilles, Amphi F. Fanon
Coordination
Philippe BANCE Professeur émérite des universités en économie à l’université des Antilles et membre du l’UMR CNRS-UA PHEEAC, il a publié plusieurs dizaines d’articles dans des revues référencées et dirigé dix ouvrages, consacrés notamment à l’action publique, à la gouvernance des organisations publiques, aux perspectives de changement de paradigme de l’action collective, à l’économie sociale et solidaire, aux conseils citoyens. Il est vice-président du Centre international de Recherche et d’Information en Economie Publique, Sociale et Coopérative (CIRIEC, section française) et membre du Conseil d’Administration de l’Association française d’économie politique (AFEP).
Angélique CHASSY Elle est professeure associée en économie à l’EM Normandie. Ses recherches portent sur la gestion publique, l’évaluation de l’impact économique, le consentement à payer, la gouvernance multiniveaux, le bien public, la prise de décision publique, l’analyse des coûts et des avantages, les politiques publiques et la participation citoyenne Le thème central de la recherche est la jonction de l’économie publique et la participation citoyenne. Ses travaux en cours portent sur la santé et l’intelligence artificielle, les modèles économiques des structures de l’Economie Sociale et Solidaire et le cadre juridique des Conseils de Citoyens. Elle est membre du Conseil d’Administration du Centre international de Recherche et d’Information en Economie Publique, Sociale et Coopérative (CIRIEC).
Laurent PARROT Il est responsable du projet ECOPHYTO PUMAT financé par l’Office Français de la Biodiversité. Chercheur économiste de formation au CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique et le Développement), il est spécialiste des filières fruits et légumes aux Antilles, en Afrique subsaharienne et dans l’Océan Indien. Ses travaux portent sur les conditions de la production au sein des exploitations agricoles ainsi que sur le rôle des filières dans la transition écologique. Il est également membre du Comité Scientifique d’Orientation « Recherche et Innovation » (CSO R&I) en charge de la mise en œuvre du plan Ecophyto II+ et de son axe Recherche-Innovation.
8h-8h45 – Discours inauguraux
Karine GALY Elle est Vice-Doyenne de la FDE, Maître de conférences Habilitée à diriger les Recherches, en droit public à l’Université des Antilles. Après des études à l’Université des Antilles et de la Guyane, elle y fut chargée de Travaux dirigés et ATER et soutint en 2006 une thèse de doctorat sur la « Contribution à l’étude de l’imprégnation progressive du régionalisme par les droits de l’homme. L’exemple du régionalisme américain ». Elle est actuellement responsable du Master de droit, Membre du PHEEAC (UMR CNRS 8053), et co-dirige une équipe sur le développement dans l’espace Amérique Latine-Caraïbe (RIGODEV). Elle est membre de la Société Française du Droit International, et de l’Association des Juristes en Droit des Outre-Mer, notamment.
Jean-Raphaël GROS-DESORMEAUX Il est géographe, directeur du PHEEAC. Il possède une expérience en sciences de la conservation, spécialisé en géomatique appliquée. Ces activités de recherche concernent les sciences de la conservation de la biodiversité qu’il cherche à appréhender selon une démarche originale interdisciplinaire et transverse. De la Caraïbe à l’Amazonie, son objectif principal est de comprendre les choix de préservation de la biodiversité en fonction des connaissances en écologie, de leurs modalités d’appropriation par les différents acteurs (populations locales, gestionnaires, organisations) et de leurs modes de gouvernance dans les interactions « hommes-milieux ». Il est président du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de la Martinique et vice-président du Centre Régional d’Information Géographique « GéoMartinique ».
Séance Plénière
8h45- 9h45 – « Les enjeux du développement d’une production alimentaire locale et saine » présentation Laurent Parrot et échanges avec la salle.
9h45-10h – Pause-Café
10h-11h – « Les attentes des consommateurs martiniquais pour des tomates locales certifiées sans pesticides : résultats et portée générique de l’enquête consommation », présentation Philippe Bance et Angélique Chassy et échanges avec la salle.
Table ronde
Le rôle des parties prenantes dans la perspective du déploiement d’une production maraichère locale et saine en Martinique
11h à 12h – Animé par Justin DANIEL
Justin DANIEL Il est professeur de science politique à l’Université des Antilles (UA), Faculté de droit et d’économie de la Martinique. Spécialiste de la Caraïbe et de l’outre-mer français, il est Vice-président du Comité de pilotage scientifique national (CPSN) dans le cadre du plan chlordécone IV. Membre actif de plusieurs réseaux professionnels dans la Caraïbe, ses recherches actuelles portent sur les territoires non-indépendants de la région et le fonctionnement de l’Etat dans les territoires périphériques de la République française. Parallèlement, il s’intéresse aux problèmes de gouvernance et aux politiques publiques en matière de développement durable et de biodiversité, en particulier dans les territoires de la Caraïbe.
Questionnement de la table ronde : Comment se rapprocher des objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ? Comment concilier pouvoir d’achat et alimentation saine ? Comment rendre compatible rémunération du producteur et pouvoir d’achat du consommateur ? Quels dispositifs de politique publique seraient adaptés au déploiement d’une production saine en Martinique ?
Intervenants
Olivier CAREME Il est ingénieur réseaux à la Chambre d’Agriculture de Martinique, responsable d’un réseau de références en diversification végétale. Il travaille sur l’élaboration et l’analyse des coûts de production. il est également responsable d’un réseau de fermes volontaires pour la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Il anime également des formations en agroécologie pour les agriculteurs, les apprenants, les techniciens et les ingénieurs agricoles.
Josiane DOS-PELAGE Elle est médecin pédiatre diplômée de médecine environnementale, présidente de l’association médicale de sauvegarde de l’environnement et de la santé. L’AMSES a contribué en 2013-2015 à l’interdiction de l’épandage aérien de produits fongicides perturbateurs endocriniens et cancérigènes dans les bananeraies et continue à s’investir pour la mise sur le marché de produits de consommation dénués de toute trace de chlordécone dont la dangerosité pour le cerveau et la fertilité est connue depuis longtemps. A publié en 2016 dans la revue Elsevier un article sur le rôle des pesticides dans les cancers du sein et de la prostate.
Clôture de la conférence
12h à 12h30
Nicaise MONROSE Conseiller Exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique, il est en charge de l’Agriculture et de l’alimentation et Maire de la Mairie de Sainte Luce.
Cette conférence « PUMAT », est réalisée avec le soutien financier de l’OFB dans le cadre de l’Appel de Propositions à Recherches « Les approches globales pour limiter l’utilisation des produits phytopharmaceutiques : Coupler le préventif et le curatif au sein des filières, des agriculteurs jusqu’aux consommateurs » lancé dans le cadre du plan Écophyto II+ et co-piloté par les ministères de la transition écologique, de l’agriculture et de l’alimentation, des solidarités et de la santé et de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
Si vous estimez que les femmes sont encore trop peu présentes à la tête des entreprises et qu’il est nécessaire de promouvoir davantage l’entrepreneuriat féminin, sachez que la Banque de France a pris des initiatives concrètes pour répondre à cette préoccupation. En effet, elle vient de lancer une série de vidéos pédagogiques dédiées à l’entrepreneuriat féminin, avec pour objectif de renforcer la place des femmes dans le monde des affaires. À utiliser sans restriction par le corps professoral.
Une action collective pour promouvoir davantage l’entrepreneuriat féminin
Cette initiative s’inscrit dans un partenariat stratégique avec la Direction générale des Entreprises (DGE) du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, la Fédération bancaire française (FBF), le réseau Initiative France, ainsi que l’association Femmes des Territoires. Ensemble, ces acteurs ont uni leurs forces pour produire des vidéos éducatives dans le cadre de la mission d’éducation financière de la Banque de France. L’ambition est claire : accompagner les femmes à chaque étape de leur projet entrepreneurial, qu’il s’agisse de la création ou de la reprise d’une entreprise.
Plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes, intitulé « Toutes et tous égaux »
Cette démarche s’aligne parfaitement avec le Plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes, intitulé « Toutes et tous égaux », qui couvre la période 2023-2027. Ce plan vise à mobiliser différents acteurs publics autour de la promotion de l’égalité, notamment en matière d’accès à l’entrepreneuriat pour les femmes. La Banque de France y contribue en mettant à disposition des ressources concrètes pour soutenir les femmes dans leurs démarches entrepreneuriales, leur fournissant ainsi les outils nécessaires pour surmonter les obstacles qu’elles pourraient rencontrer et réussir pleinement dans le monde de l’entreprise.
Grâce à ces initiatives, la Banque de France entend jouer un rôle clé dans la réduction des disparités de genre dans le milieu entrepreneurial et encourager une participation plus équilibrée des femmes au leadership économique, tout autant que favoriser les familles.
Les cinq épisodes « spécial entrepreneur(e) » de la web-série La Minute Cash
Le personnage de Charlotte, une ex-étudiante de la web-série « La Minute Cash » produite par la Banque de France depuis 2020, a été choisi pour incarner la jeune femme qui témoigne de son ambition de créer une entreprise et des différentes étapes qu’elle franchit.
L’épisode 1 « Les débuts de Charlotte » expose le projet d’entreprise et les clichés de genre sur l’entrepreneuriat féminin.
L’épisode 2 « Charlotte s’entoure : de l’importance d’être bien accompagné(e) » est consacré aux réseaux d’accompagnement des porteurs de projet.
L’épisode 3 « Charlotte se lance dans son Business Plan » en décrit les grands principes.
L’épisode 4 « Charlotte rencontre sa banquière » est dédié à cette étape essentielle de définition et d’obtention d’un financement.
L’épisode 5 « Le projet de Charlotte prend vie » est un épisode de bilan et de perspectives pour la nouvelle entrepreneure.
André Straus, directeur de recherche émérite au CNRS, a disparu accidentellement le 9 août 2024. Il restera présent dans la communauté scientifique à la fois par ses travaux sur l’histoire du financement de l’économie française au XXe siècle et par le rôle de pont qu’il a joué entre les historiens et les économistes. Nul de tous ceux qui l’ont connu en France n’oubliera l’amitié, l’humour, la chaleur personnelle et le dynamisme qui ont été sa marque de fabrique et qu’il a prodigués avec générosité. Ce sera aussi le cas de nombreux membres des congrès mondiaux d’histoire économique (WEHC) dont il ne manquait jamais les réunions quadriennales puis triennales et où il avait noué des relations durables. Ayant été tous deux associés à certaines de ses activités, nous souhaitons ici présenter toutes les dimensions de son parcours.
Sa double formation avait été la base de sa spécificité et de son itinéraire professionnel. Membre d’une famille de trois enfants, né en 1948 d’un père pédiatre reconnu pour ses travaux sur la maltraitance des enfants et d’une mère professeure de musique, il avait passé d’abord une maîtrise de mathématiques avant de se convertir à l’histoire. Agrégé d’histoire en 1977, il avait enseigné 5 ans en lycée, à Harfleur, Champigny, Joinville le Pont. Puis, ayant élaboré un projet de thèse d’Etat sous la direction de Jean Bouvier, professeur à Paris 1, il a été recruté en 1982 comme chargé de recherche au CNRS, affecté à l’Institut d’histoire économique et sociale de Paris 1, devenu en 1997 un des pôles de l’UMR Institutions et dynamiques historiques de l’économie (IDHE, titre ensuite élargi à la société : IDHE.S). Ayant soutenu sa thèse d’Etat en 2006 sous la direction d’Alain Plessis, il a été promu directeur de recherche. En 2019 il avait obtenu l’éméritat.
Recherche
André Straus (il avait changé la graphie familiale Strauss) avait lui-même défini ses orientations dans son résumé de thèse de 2006 : « Il s’agit d’une thèse d’Etat sur travaux. On peut les regrouper sous trois principales rubriques :
1) L’inscription de la conjoncture dans l’espace (ils concernent les mouvements longs de l’industrie lainière et l’appréhension de la conjoncture à partir de la démographie des entreprises).
2) Le financement de l’économie du financement de l’Etat au financement des entreprises (ils traitent des emprunts d’Etat et de leurs rapports avec le marché financier, de l’évolution comparée des modes de financement et des systèmes financiers des pays industrialisés, du financement des entreprises françaises dans la deuxième moitié du XXe siècle ainsi que du financement de l’industrie électrique ; ils envisagent aussi sous cet angle la question de la gouvernance des entreprises).
3) Les institutions financières (ces études envisagent l’histoire des marchés financiers, des banques et de l’assurance, et traitent aussi des rapports entre l’Etat et le système financier). » Au fil du temps il a ainsi occupé un large spectre de recherche de l’échelle macroéconomique à la microéconomie, étudiant la conjoncture comme les structures des économies, mêlant histoire quantitative et travail d’archive comme histoire orale et ne rechignant pas à l’histoire comparée et à la dimension internationale des recherches.
Il est devenu pionnier dans l’étude de certaines branches de l’histoire économique : la finance, la monnaie, l’assurance. En histoire financière, il s’est fait connaître par ses travaux précurseurs sur les emprunts d’Etat, sur le financement des entreprises, la Bourse, le secteur bancaire puis à partir des années 1990 celui de l’assurance.
Un enseignant impliqué
Chercheur CNRS, André Straus a aussi été très actif en assurant des enseignements dans deux établissements de formation à la statistique : l’École nationale de la statistique et d’analyse économique (ENSAE), l’Ecole nationale supérieure de la statistique et de l’information (ENSAI), et à l’École normale supérieure, et surtout à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il a lancé en 2008 un parcours d’histoire économique au sein de l’UFR d’économie. Destiné aux étudiants de master, cet enseignement a contribué pendant une dizaine d’années à familiariser les étudiants en économie au travail sur archives et à la démarche méthodologique des historiens. Toujours généreux de son savoir pour les étudiants, il a dirigé et co-dirigé plusieurs thèses d’économie à dimension historique. Ajoutons qu’il avait été membre de jurys de concours : pour l’agrégation de sciences sociales et l’entrée à HEC.
Une place à part dans le monde académique
André Straus a préparé une génération d’économistes à la fameuse leçon de 24 heures de l’agrégation de sciences économiques. Il était également chercheur associé au laboratoire PHARE (Philosophie, Histoire et analyse des représentations économiques) de l’Université Paris 1 créé en 2001, au sein duquel il aimait dialoguer avec les historiens de la pensée et les philosophes économistes.
C’était aussi un homme du collectif. Par la transmission des apports de la génération précédente : il a co-organisé un volume d’hommage à son maître Jean Bouvier, qui fut un vrai livre et auquel ce dernier collabora abondamment ; ensuite il a participé à l’organisation des mélanges à la mémoire de l’historien russe Valerij I. Bovykin (parus à Moscou en 2001) ; enfin il a dialogué de nombreuses années avec Maurice Lévy-Leboyer et, après sa disparition, co-organisé la journée consacrée à l’œuvre de celui-ci à l’Université de Paris Nanterre en 2015. Par les revues : il a contribué au lancement de la revue Histoire et mesure en 1986, en est resté membre du comité de rédaction, devenant même un temps responsable de la rédaction ; il a été longtemps membre du comité de rédaction de la revue Risques fondée par Denis Kessler ; il a publié six articles dans la revue Entreprises et Histoire. Par la participation à des opérations ou des comités de travail historique avec des entreprises : cela a été le cas avec le Crédit Lyonnais, où il a codirigé avec Roger Nougaret une collection de 5 volumes d’archives économiques du Crédit Lyonnais confiés chacun à un universitaire (Les entreprises aéronautiques françaises, 1909-1945, 1996 ; Cinquante ans d’industrie cinématographique, 1906-1956, 1996 ; Rhône-Alpes, terre d’industries à la Belle Epoque, 1899-1914, 1998 ; L’industrie automobile, 1905-1971 et a été l’un des codirecteurs du volume de référence Le Crédit lyonnais, 1863-1986. Études historiques (Genève, Droz, 2003) ; de même, il a été membre actif du Conseil scientifique de la Mission historique de la Banque de France ; à partir de 2004 il a été la cheville ouvrière du Comité scientifique pour l’histoire de l’assurance créé par la Fédération française des sociétés d’assurances et a réalisé pour elle de substantielles archives orales.
Un historien de plain-pied dans la société
Pour autant la vie d’André Straus a eu d’autres dimensions que les activités scientifiques et enseignantes. A 20 ans en 1968, il adhère intellectuellement au trotskysme sans faire partie d’aucun groupe ; tout en sympathisant avec Voix Ouvrière, il devient l’un des principaux animateurs d’un petit groupe d’élèves de grandes écoles dont l’action était orientée vers l’éducation socialiste des jeunes futurs ouvriers, élèves de lycées d’enseignement professionnels (LEP), le « Court-circuit ». Il est membre de Lutte Ouvrière dès la première heure. Plus tard, il participe à la rédaction d’un bulletin orienté vers les jeunes de banlieue, « Cinquième Zone ». Il rejoint à cet égard son grand cousin, Robert Jablon, juif allemand qui avait été membre de l’opposition communiste dans les années trente avant d’exercer après-guerre les fonctions de banquier en France, chez les Rothschild.
Il a voulu comprendre le fonctionnement du ministère de l’Economie et des Finances. Il a été admis comme auditeur au Cycle des hautes études de développement économique de l’IGPDE et membre de sa deuxième promotion (2004-2005).
Il a exercé des activités dans deux domaines des sciences dites dures : consultant au CEA (protection contre les rayonnement non ionisants), et co-créateur d’une entreprise de biotechnologie. En définitive, André Straus était un chercheur qui mêlait modestie et haute exigence envers lui-même et envers les autres, généreux de son temps pour les étudiants, toujours prêt à discuter et spéculer avec ses collègues à ouvrir de nouveaux champs de recherche.
Une réunion de sa famille, ses amis et ses collègues aura lieu en septembre à Paris. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille et pensons plus particulièrement à son épouse Valérie.
Laure Quennouëlle-Corre et Patrick Fridenson
Sélection bibliographique
Patrick Fridenson et André Straus (dir.), Le capitalisme français (XIXe-XXe siècle). Blocages et dynamismes d’une croissance, Paris, Fayard, 1987. André Straus (dir.), « Assurance et sociétés industrielles », Risques, n° 31 juillet-septembre 1997. Robert Jablon, Laure Quennouëlle-Corre, André Straus, Politique et finance à travers l’Europe du XXe siècle. Entretiens avec Robert Jablon, Bruxelles, Peter Lang, 2009. Laure Quennouëlle-Corre et André Straus (dir.), Financer les entreprises face aux mutations économiques du XXesiècle, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 2009.
D’après l’étude Salary Budget Planning de juillet 2024 réalisée par WTW sur les tendances des politiques de rémunération, les prévisions médianes d’augmentation salariale pour 2025 atteignent 3,6%, un chiffre proche de celui de 2024 (3,8%). Ce rapport offre une analyse détaillée des pratiques actuelles et des projections en matière de rémunération dans le contexte économique actuel.
Augmentations salariales en 2024 comparées à 2023
En France, la hausse médiane des salaires pour 2024 est de 3,8%. Cette augmentation, bien qu’inférieure à celle de 2023 (4,3%) et à la prévision initiale pour 2024 (4%), reste supérieure à l’inflation prévue pour 2024 (2,3%).
Malgré que 83% des entreprises françaises aient déjà accordé des augmentations en 2024, près de la moitié indiquent que ces hausses sont moindres par rapport à l’année précédente, principalement à cause de préoccupations liées à la gestion des coûts (37%) et à une détérioration des performances financières (33%). Les entreprises qui ont augmenté leurs budgets citent principalement les pressions inflationnistes (46%) et un marché du travail tendu (24%) comme raisons principales.
Comparaisons internationales et vision 2025
En 2024, les augmentations salariales en France sont comparables à celles de ses principaux voisins européens : 3,9% en Italie, 4,3% en Allemagne, 4,4% en Espagne et 4,6% au Royaume-Uni.
Les prévisions pour 2025 montrent des augmentations moyennes similaires à celles anticipées en France (3,6%), avec des budgets prévisionnels légèrement inférieurs à ceux de 2024 : 3,7% en Italie, 3,9% en Allemagne, 3,9% en Espagne et 4,1% au Royaume-Uni.
Adaptation limitée des politiques de rémunération à la flexibilité du travail
Plus de 8 entreprises sur 10 (84%) proposent des conditions de travail flexibles, avec une majorité de salariés préférant le modèle hybride ou totalement à distance (76%), contre 24% en présentiel.
Cependant, peu d’entreprises ont ajusté ou prévoient d’ajuster leur rémunération pour s’adapter au télétravail : 28% ont révisé ou envisagent de réviser les primes, 18% les avantages sociaux et seulement 7% le salaire de base.
Parmi les organisations ayant adapté la rémunération de base, plus des deux tiers (68%) ont choisi des fourchettes salariales basées sur la localisation géographique des employés, permettant ainsi de mieux répondre aux variations du coût de la vie.
Méthodologie L’enquête « Salary Budget Planning » de WTW a été menée en juin 2024 auprès de 1 000 entreprises en France, sur un panel représentatif et couvrant une large gamme de secteurs.
Les écoles de la CDEFM () poursuivent leur politique d’augmentation du nombre d’inscrits. Depuis trois ans, les écoles soutiennent ainsi leur modèle d’excellence via les classes préparatoires.
Une augmentation du nombre de places
Les écoles de la CDEFM s’engagent à limiter l’augmentation du nombre de places ouvertes pour leurs établissements à 15 maximum pour les concours BCE et Ecricome 2025 (concours ECG).
Le cas des admissions sur titre 2025
Concernant les concours des Admissions sur titre 2025, toutes les écoles membres de la CDEFM communiqueront selon un calendrier identique les résultats aux étudiants :
embargo sur les résultats des concours et/ou études de dossiers du 11 janvier 2025 au 10 février 2025
publication des admissions le mardi 11 février 2025, date identique pour toutes les écoles
affectations, inscriptions et demandes d’acompte à compter du mercredi 12 février 2025
embargo sur les résultats des concours et/ou études de dossiers du 10 mai 2025 au 9 juin 2025
publication des admissions le mardi 10 juin 2025, date commune pour tous
affectations, inscriptions et demandes d’acompte à compter du mercredi 11 juin 2025
En dehors de ces périodes, les écoles pourront communiquer leurs résultats aux étudiants selon les besoins.
En 2023, le secteur bancaire français aura contribué à près de 44 500 embauches. Avec 355 100 salariés à fin 2023 – dont 182 000 pour les seuls établissements adhérents à l’Association Française des Banques (AFB) – le secteur bancaire relance la croissance de ses effectifs depuis plusieurs années avec une croissance de 0,2% des effectifs hors alternance.
Le secteur bancaire : 1,7% de l’emploi salarié privé en France
Ce dynamisme du recrutement du secteur bancaire s’illustre aussi particulièrement par le nombre d’alternants, 19 650 présents en 2023, avec une nette hausse de 7%, par rapport à l’année précédente. Cela porte à près de 374 750 le nombre total de salariés du secteur bancaire.
Un secteur dynamique et des emplois pérennes
Sur les 44 500 salariés embauchés, 22 300 personnes l’ont été par les seuls établissements adhérents de l’AFB. Au sein de ces dernières, 16 600 sont des embauches en CDI à plus de 74% avec des contrats à durée indéterminée (vs. 66% en 2017) qui représentent plus de 98% des emplois dans le secteur. Le turn-over est d’ailleurs en baisse en 2023 et s’établit à 9,4% dans le secteur (vs. 10,2% en 2022) et est plus de deux fois plus faible que la moyenne nationale (22,2%).
Des emplois féminisés, très qualifiés et diversifiés, partout en France
Avec près de 57% de femmes, la banque est un secteur qui promeut la parité. Ces dernières représentent 50,8% des recrutements, dont une sur deux est embauchée au statut cadre.
50% des cadres sont d’ailleurs des femmes (+5,4 points depuis 2012), elles représentent 59,9% des promotions.
Par ailleurs, c’est un secteur où les emplois sont qualifiés (71,2% de cadres, + 16,3 points depuis 2012), et ouvert aux différents niveaux de diplômes. En effet, les recrutements CDI vont de Bac +4/5 et + (57%) à Bac +2/3 (33,8%) et un peu plus de 9,2% inférieurs à Bac +2.
Les métiers de la relation client représentent près de 54% des recrutements en CDI. Ces emplois sont ancrés partout en France, la proximité territoriale étant une marque de fabrique des banques françaises et un enjeu majeur de leur modèle relationnel. Ils sont devant ceux de l’informatique (13,8%), de la conformité et des risques (8,6%) et du back office (4,5%).
Chaque année, la Mission historique de la Banque de France propose des allocations de recherche. Ces allocations de recherche sont ainsi attribuées à des étudiants régulièrement inscrits en master 1 ou 2, en thèse ou en année post-doctorale et relevant des disciplines suivantes : histoire, sociologie, sciences politiques, sciences économiques, droit et gestion.
Montants
Ces allocations, d’une durée d’un an, renouvelables, sont d’un montant de 1 800 euros et 3 600 euros. Ces sommes sont imposables. Elles sont versées en deux fois selon le calendrier suivant :
Master : 900 euros à l’issue du vote des membres du conseil scientifique de la Mission historique [CSMH], 900 euros en fin d’année universitaire sur présentation du relevé de notes, du procès-verbal de soutenance et / ou du mémoire ;
Thèse : 1 800 euros à l’issue du vote des membres du CSMH, 1 800 euros en fin d’année universitaire sur présentation d’un état des recherches et des premiers résultats obtenus au cours de l’année écoulée ;
Année post-doctorale : 1 800 euros à l’issue du vote des membres du CSMH, 1 800 euros en fin d’année universitaire sur présentation d’un état des recherches et des premiers résultats obtenus au cours de l’année écoulée.
Critères de sélection des dossiers
Les sujets de recherche devront revêtir une dimension historique et comporteront une exploitation précise des sources d’histoire de la Banque de France, conjointement à l’exploitation de toute autre source pouvant nourrir le sujet.
Les travaux s’ordonnent autour de trois pôles :
Histoire de la banque centrale, de sa place et de son rôle, y compris international, dans le domaine de l’histoire de la monnaie, du crédit et du change ;
Histoire de la Banque de France et de l’économie, de son action de banque commerciale, notamment à travers l’histoire de ses succursales dans leurs rapports avec les agents économiques locaux ;
Histoire des personnels de la Banque de France, de la politique sociale et de l’évolution des structures de l’entreprise.
La mise en valeur scientifique des fonds d’archives de la Banque de France ainsi que l’animation de la recherche historique sont principalement assurées par Michel Margairaz, professeur émérite à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et par Olivier Feiertag, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
L’Association Française d’Économie Politique (AFEP) annonce la tenue de son 13e congrès annuel. Ce congrès se déroulera, en France, du 2 au 5 juillet prochain à l’Université de Montpellier. Plus de 200 chercheurs en économie et en sciences sociales, français comme internationaux, sont attendus à cette occasion.
Quel est le rôle de cette Association Française d’Économie Politique (AFEP) ?
L’AFEP est une association scientifique généraliste dont l’objectif est la promotion du pluralisme dans le champ de l’économie académique. Le congrès annuel de l’AFEP est un moment important pour l’association et pour la communauté des économistes. Il permet de faire vivre le pluralisme des théories, des méthodes et des objets. Au-delà, cette approche encourage le dialogue et l’interdisciplinarité au sein de l’espace des sciences humaines et sociales.
Le thème de cette année est « Face aux crises, des planifications sont-elles possibles ? »
L’économie institutionnaliste a montré que les sorties de crise passées ont redessiné les lignes de partage entre le marché et l’intervention publique. Dans la gestion des crises, les stratégies d’évitement et/ou de corrections, souvent immédiates, sont apparues comme les solutions privilégiées par la puissance publique. Mais l’ampleur, la nature et la multiplication des crises appellent aujourd’hui à questionner ces stratégies et à en penser de nouvelles.
Dans le même temps, les marqueurs d’une possible régulation consciente, construite, de l’économie montrent comme un fait historique nouveau. La contrainte du changement écologique apparait de plus en plus forte et sa temporalité structurante. Partout les sociétés sont confrontées au franchissement des limites planétaires et aux inégalités écologiques, sociales croissantes. Face au défi de l’encastrement de la contrainte du changement écologique dans le fonctionnement de nos économies et nos sociétés, quelles sont les stratégies à mettre en œuvre ? Le développement d’activités dites « vertes » peut-il se passer d’une articulation avec l’échouage du capital dit « brun », qui suppose la détérioration brusque et (relativement) imprévue de sa profitabilité ? Quelle valeur affecter aux émissions évitées pour orienter les investissements publics et privés vers une trajectoire de décarbonation plus ambitieuse ? Et quel rôle peut-on espérer donner à la valeur tutélaire du carbone, qui reflète certes une référence dont tiennent compte les acteurs dans leurs plans d’investissement mais qui peine cependant à se concrétiser sous la forme d’un signal-prix crédible ?
Quels que soient les processus de production futurs, leur conception et leurs finalités appellent à porter l’attention au développement d’une régulation consciente et collective, donc fondamentalement politique, de l’économie, de ses structures, des arrangements institutionnels de l’action collective qui la fondent, tenant compte de l’incertitude radicale qui accompagne la crise systémique actuelle.
Le programme des sessions plénières
Trois sessions plénières sont organisées autour de cette thématique de la planification :
« Quelle planification pour quelle transition » avec Geneviève Azam, Florence Jany-Catrice et Laure Quennouelle-Corre
« Pratiques et expériences décentralisées de la planification : quel rôle pour la démocratie ? » avec Simon Tremblay-Pépin, Srdjan Redzepagic, Géraldine Rieucau et Marta Pappalardo
« Les calculs économiques de la planification écologique » avec Adrien Hainaut, Alain Marciano et Nathalie Berta
Plus de 70 sessions parallèles thématiques auront également lieu, au cours desquelles les participants présenteront leurs recherches en cours, sur des thèmes aussi variés que : planification et démocratie, les méthodes de la planification, planification : participations et gouvernances locales, la protection sociale dans les pays en développement, les crises de l’agriculture et de l’alimentation, les transformations de l’État social, finance et régimes d’accumulation parmi de nombreux autres sujets. La journée du 2 juillet est réservée aux doctoriales avec déjà 60 participants inscrits.
Informations pratiques
Date : 2-5 juillet 2024
Lieux :
Université Paul-Valéry Montpellier 3, le 2 juillet
Université de Montpellier, Faculté d’économie Richter, du 3 au 5 juillet
Inscription obligatoire :https://afep2024.sciencesconf.org/ (tarifs d’inscription et informations détaillées disponibles en ligne) date limite d’inscription : 21 juin
La Banque de France et Toulouse School of Economics (TSE) ont organisé une cérémonie à Paris le mardi 18 juin 2024 pour remettre le Prix en Économie Monétaire et Finance, récompensant six chercheurs pour les années 2022 et 2024. Ces prix honorent des travaux de recherche qui améliorent les actions des banques centrales.
La liste des lauréats
Pour l’année 2022, les lauréats sont :
Ricardo Caballero, qui a reçu le Prix Senior en Économie Monétaire et Finance.
Ulrike Malmendier, lauréate du Prix Junior Finance.
Benjamin Moll, récipiendaire du Prix Junior Monnaie et Macroéconomie.
Pour l’année 2024, les prix ont été décernés à :
Hélène Rey, pour le Prix Senior en Économie Monétaire et Finance.
David Sraer, pour le Prix Junior Finance.
Matteo Maggiori, pour le Prix Junior Monnaie et Macroéconomie.
De g. à d. : David Sraer, Ricardo Caballero, Angès Bénassy-Quéré, François Villeroy de Galhau, Jean Tirole, Ulrike Malmendier et en arrière plan Matteo Maggiori
Le déroulement de la cérémonie
La cérémonie a été précédée d’une conférence qui a mis en lumière les contributions académiques des lauréats dans le contexte actuel des banques centrales. Les chercheurs ont participé à deux tables rondes, abordant les flux mondiaux de capitaux post-pandémie et les défis de la politique monétaire après le pic d’inflation de 2022-2023.
Ces discussions ont été suivies d’une session de questions-réponses ouverte au public, avec un replay de la cérémonie disponible en ligne. François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, Agnès Benassy-Quéré, co-présidente du jury et seconde Sous-Gouverneur de la Banque de France, et Jean Tirole, co-président du jury et lauréat du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel 2014, ont présidé l’événement.
Agnès Benassy-Quéré a souligné l’importance de la recherche économique pour l’action des banques centrales, notamment en matière de stabilité monétaire et financière, ainsi que pour la résilience des systèmes de paiement. Elle a déclaré que ces prix, décernés conjointement avec TSE, encouragent une recherche académique de qualité, pertinente pour les banques centrales et au service du bien commun.
Jean Tirole a exprimé sa conviction que la recherche académique en économie monétaire et finance peut enrichir les réflexions des banques centrales. Il a affirmé que ces prix récompensent des universitaires dont les travaux facilitent le dialogue entre le monde académique et les décideurs économiques.
Lors de chaque édition de cette cérémonie, un prix senior en économie monétaire et finance ainsi que deux prix juniors sont décernés. Les prix juniors récompensent des chercheurs ayant obtenu leur doctorat depuis moins de vingt ans, l’un en finance et l’autre en économie monétaire et macroéconomie. Les lauréats 2022 et 2024 ont été distingués pour la qualité scientifique de leurs travaux et leur pertinence pour les décisions de politiques économiques.
L’Association Française d’Histoire Économique (AFHé) a décidé lors de son dernier comité directeur de la création de deux bourses à destination des jeunes chercheuses et chercheurs.
Les deux bourses de l’Association Française d’Histoire Économique
La première, la bourse Pierre Léon, d’un montant de 800 €, sera attribuée à des doctorantes et doctorants, ou à des titulaires de thèses ne bénéficiant pas d’un poste dans l’enseignement supérieur, afin de financer leur participation à des congrès ou colloques à l’étranger. Deux bourses seront attribuées chaque année. Les candidatures doivent parvenir au secrétariat de l’AFHé pour le 15 octobre 2024 (1e session) ou le 15 mars 2025 (2e session), à l’adresse suivante : afhe.secretariat@gmail.com
la seconde, la bourse Ernest Labrousse, d’un montant de 1000 €, sera attribuée à des étudiantes et étudiants en M2 ou en doctorat, afin de financer une campagne de recherche en archives. Deux bourses seront attribuées chaque année. Les bénéficiaires d’une bourse Ernest Labrousse viendront présenter leur projet de recherche lors de l’Assemblée générale de l’AFHé du 6 décembre 2024. Leurs frais de déplacement éventuels seront pris en charge. Les candidatures doivent parvenir au secrétariat de l’AFHé pour le 15 octobre 2024, à l’adresse suivante : afhe.secretariat@gmail.com
Les conditions détaillées des candidatures sont disponibles, auprès de l’Association Française d’Histoire Économique, via les liens respectifs suivants : – Bourse Pierre Léoni – Bourse Ernest Labrousse
Intitulé du poste : Poste d‘ATER en Economie / Gestion de l’innovation Les candidat(e)s devront obligatoirement candidater sur la base de recrutement de l‘ULCO (Université du Littoral Côte d’Opale) : https://recrutements-enseignants.extranet.univ-littoral.fr/et faire parvenir impérativement les pièces demandées pour le 27/06/2024 à 16h00 (date d’envoi électronique faisant foi) à l’adresse mail suivante : recrutement.enseignant@univ-littoral.fr
Filières de formation concernées
Le / La candidat(e) retenu(e) s’impliquera dans la Licence 1, Licence 2 et Licence 3 « Economie Gestion » pour assurer des cours d’Economie à Dunkerque et à Boulogne-sur-Mer (cours : d’Atelier de Méthode, Introduction à l’analyse économique, Econométrie, management de projet, PPP, etc.).
La personne recrutée devra participer également aux enseignements de spécialités en Master, en particulier en Master SIDE (Stratégies d’innovation et dynamiques entrepreneuriales). Le /La candidat.e sera sollicité.e au sein de ce Master pour des cours de management de projets innovants (outils d’aide à la décision dans le cadre des projets innovants ; internationalisation des PME), l’économie de l’innovation et les nouveaux modèles économiques en lien avec l’économie circulaire et le développement durable.
Objectifs pédagogiques et besoins d’encadrement
Elle /il sera également chargé.e de l’appui à l’insertion professionnelle et de l’encadrement des étudiants dans le cadre des stages et de l’alternance ainsi que, dans le cadre du master Side, de l’organisation de journées sur les thèmes de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Une bonne capacité à enseigner en anglais est essentiel pour le/la candidate, dans le contexte du Certificat IDEA (Innovation Development and Entrepreneurial Awareness) associé notamment au master Side. La candidat(e) encadrera des mémoires en Licence 3 et de master.
Recherche
En matière de recherche, le/la candidat.e intègrera l’équipe ISI (Centre de Recherche sur l’Innovation et les Stratégies Industrielles, ULCO), dont les thèmes principaux sont l’économie de l’innovation et de l’entreprise (start-up, PME/PMI, grandes entreprises). Il/elle sera impliqué.e dans les programmes de recherche sur les thèmes de la valorisation de la recherche universitaire et du transfert de technologie, des stratégies d’innovation des entreprises (R&D, open innovation, agilité), dans le contexte de l’émergence de nouvelles trajectoires liées au développement durable (stratégie d’éco-innovation, économie circulaire et écologie industrielle) et de la réindustrialisation et de la décarbonation des territoires industriels. Il/elle sera aussi impliqué.e dans le développement de programmes de recherche nationaux et internationaux sur ces thèmes. Une maîtrise des techniques d’enquêtes quantitatives et qualitatives est souhaitée, ainsi qu’une capacité à réaliser la recherche en anglais.
Il y a quelques années (en 1996), peut-être un peu trop péremptoirement, un éditorial de direction et gestion des entreprises(1), le titre initial de notre revue, déclarait : Tout se gère. Quelques-uns des propos avaient alors mécontenté un économiste qui m’avait fait savoir qu’il résiliait son abonnement !
Et pourtant peut-on dire, près de vingt ans plus tard, que c’est bien la gestion qui, « du fait de son objectif, est la résolution de problèmes pratiques et précis » ? Car on le voit tous les jours, notamment avec ce mortifère New Public Management, sévir ce que j’appelais la maladie de la gestion : la gestionite(2). Il s’agit bien d’une « … maladie épidémique dont on ne se relève que très diminué… lorsque l’on s’en relève(3) ». Elle gangrène nos économies et nombre de nos organisations !
Mais, notre propos n’est pas seulement ici de gérer une structure si vaste soit-elle comme celle de l’Éducation nationale ou de la protection sociale, mais au moins dans notre deuxième assertion, d’envisager l’organisation même des pouvoirs publics qui régissent tout !
Notre problématique comporte donc au moins deux approches qui ne coïncident apparemment pas complètement.
Démocratiser la gestion. C’est par excellence, l’idéal de l’Économie Sociale et Solidaire. C’est aussi, et on le sait moins, celui de la « participation » au sens gaullien du terme. En 1948, dans un discours aujourd’hui hélas bien oublié, Charles de Gaulle énonçait ce programme. Pompidou et Giscard le torpillèrent en 1969, puis ce dernier l’enterra avec Chirac en 1974 qui trahissait ainsi le gaulliste, Jacques Chaban-Delmas aux élections présidentielles. « Oui ! » disait le Général, « nous voulons l’Association du travail, du capital, de la direction […], dans le cadre de l’entreprise […]. »
« Quelle forme prendra l’Association ? […] celle de contrats de société, passés sur pied d’égalité entre les divers éléments, […] mais, ceci posé, le contrat devra prévoir et régler la rémunération de chacun, […] en fonction du rendement collectif de l’entreprise constaté périodiquement par l’assemblée des participants(4). »
Et de poursuivre, « Nous voulons faire en sorte que les travailleurs valables deviennent des sociétaires, au lieu d’être des salariés. »
« Sociétaires », ce terme alors utilisé par Charles de Gaulle raisonne favorablement également à l’oreille d’un tenant de l’économie sociale et solidaire. Il s’utilise notamment dans les coopératives, les anciennes coopératives ouvrières (SCOP) devenues Sociétés Coopératives et Participatives ou caricatural lorsqu’une banque coopérative bien connue, le Crédit Mutuel, à chaque printemps, c’est-à-dire à l’approche des assemblées générales des caisses locales, inonde de publicités sur le rôle des sociétaires et du pouvoir qu’ils exercent dans les décisions de la banque dont ils sont théoriquement les propriétaires. Michel Abhervé tout comme Thomas Regazzola, ont dénoncé cette « captation abusive d’image » des grands groupes coopératifs qu’ils soient bancaires(6) ou agricoles(7).
Si même dans les formes d’organisation dont le principe initial : « un homme, une voix », la démocratie réelle laisse à désirer, alors a fortiori, cette dernière, ne peut guère espérer trouver sa place dans les sociétés de capitaux. On les appelle d’ailleurs par facilité : « les entreprises », alors que seule la possession du capital y donne le pouvoir, et encore ! Nous savons en effet que les actionnaires ne sont déjà pas égaux. Il existe des actions sans droit de vote et d’autres avec un vote double. De plus, tout cela ne dépend que de la bonne information(8) des (petits) actionnaires. Quant à des sociétés comme Stellantis, le siège étant à Amsterdam, le vote des actionnaires à Paris, notamment sur la rémunération du dirigeant, le fameux say on pay(9) est purement consultatif !
Cette information qui doit être égale pour tous s’exprime dans la connaissance des documents comptables. Hors, comme le fait remarquer Daniel Bachet : « adopter un langage comptable plutôt qu’un autre, c’est adopter une représentation de l’entreprise, de l’efficacité et des rapports de pouvoir » puisqu’il n’a pour finalité que « des bénéfices potentiels y compris grâce à une évaluation subjective sans référence au marché(10) ».
Donner un pouvoir aux salariés, comme le prônait la participation gaullienne, serait une priorité. Pour ce faire, il faut d’abord refonder le système d’information comptable pour éviter que les salariés ne soient conduits à s’aligner sur la seule logique financière favorable aux intérêts des détenteurs de capitaux comme le souligne encore Daniel Bachet(11).
Tout cela est bien actuel lorsque l’on prend conscience que la recherche immédiate du profit, si chère aux fonds de pension, est totalement contradictoire avec les enjeux écologiques planétaires, mais aussi régionaux. La fuite des compagnies d’assurance devant les catastrophes naturelles, déjà en France, coopératives de production, une fois dépouillées en 1978 de leur statut « ouvrier » de 1947, comme dans les (SCIC) Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, créées en 2001 ! Un rapport du Sénat, lorsque ce dernier travaillait de manière sérieuse et ouverte, mérite d’être consulté à ce sujet(5).
Mais même dans cette forme, on est souvent très loin de la démocratie voulue. D’abord parce que la démocratie ordonne que chacune des parties prenantes ait le même degré d’information économique et qu’il est rare que les « sachants », ou soi-disant « sachants », partagent l’information ! Cela dévient démontre combien la réforme des retraites imposées au forceps par le Gouvernement macronien n’est pas seulement inique, mais totalement court-termiste. Elle offre à l’épargne privée assurantielle les retraites des catégories les plus aisées ! Une politique de gribouille là aussi terriblement dangereuse pour ces très mauvais gestionnaires qui sont aux affaires !
Gérer la démocratie semble bien alors s’imposer ! Oui, mais comment ? « Vaste programme ! » aurait répondu sans doute le Général ! Il est de bon ton en effet, de fustiger en France, la constitution de la Ve République en oubliant qu’elle n’est justement plus, et de loin, celle de ses fondateurs.
Depuis 1974, les réformes progressives ont visé à dénaturer la démocratie, parfois qualifiée par les plus hostiles de « plébiscitaire », pour imposer une forme devenue omnipotente : l’« État de droit ». Il ne se fonde pourtant que sur l’exacerbation de l’individualisme, « atomiste », dans sa conception libérale qui atteint son paroxysme dans la réforme sarkozyste, mais inspirée du socialiste Badinter avec la QPC (Question Prioritaire de Constitutionalité). Cette dernière fait ployer les votes démocratiques devant l’intérêt particulier au nom d’un principe supposé immanent, mais bien humain. La Cour de Justice de l’Union européenne ne juge pas autrement d’ailleurs en bafouant tous les votes des assemblées démocratiquement élues par les peuples au nom de ce fameux droit.
Or ne nous trompons pas, ce droit « immanent » n’est, comme tous les droits, qu’une opportunité du temps. Sans entrer dans un marxisme militant qui n’est pas nôtre, il suffit d’apprécier à l’aune des enjeux économiques et politiques, les décisions y compris récentes du Conseil constitutionnel. En effet, et cela accentué depuis la présidence de ce Conseil par J.-L. Debré, seul le droit de propriété a été considéré comme absolu. Cela s’est illustré notamment dans le cadre de la transmission des entreprises avec le possible droit de préemption par les salariés en cas de cession(12)(13). La Loi Hamon de 2014, même après les coupes effectuées par le cabinet du ministre de l’Économie Moscovici d’alors, prévoyait l’information « préalablement à la cession d’une entreprise afin de permettre aux salariés de présenter une offre ». Il ne restait pourtant plus que cette mesure, devenue croupion après l’élimination de riches propositions prévues dans le projet de la Loi Hamon auxquelles notre revue avait tenu à s’associer(14), y compris en étant auditionnée en commission au Sénat(15). Et bien même cela a été censuré à la suite d’une QPC, dès le 17 juillet 2015.La « liberté d’entreprise » sanctifiée l’emporte évidemment sur le droit des salariés ! « En l’absence d’homogénéité sociale, l’égalité formelle la plus radicale se transforme en l’inégalité la plus radicale et la démocratie formelle en dictature de la classe dominante(16). »
Il est évident encore que les réformes comme celles qui découlent des ordonnances Juppé obèrent depuis 1996, la démocratie paritaire voulue en 1945, privant les partenaires sociaux de gérer les budgets les plus importants de la société qui sont ceux de la protection sociale au profit de la bureaucratie étatique ! Et pourtant l’AGIC-ARRCO comme celle de l’UNEDIC montrent ô combien, que la gestion paritaire est saine et préserve l’intérêt des cotisants !
Il est manifeste également que la création de la LOLF, le 1er août 2001 qui annule l’ordonnance du 2 janvier 1959 pour les finances publiques, instaure une logique de performance parfaitement néo-libérale. La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) du sarkozyste-macronien Woerth a montré toutes ses limites et son effectivité destructrice pour l’appareil de l’État, et tout particulièrement dans les territoires. La révolte des « Gilets jaunes », comme celle du monde rural, relayée par nombre d’élus locaux et d’associations a montré cette générale déréliction !
Il est certain enfin que la réforme 2008, qui semble limiter l’usage du fameux article 49-3 à chaque session parlementaire, est en fait un magnifique leurre qui permet d’imposer toutes les mesures économiques et financières, même en l’absence de vote du Parlement. La meilleure illustration en a été la Réforme des retraites en 2023. Tout cela a été déclaré conforme à la Constitution par un tour de passe-passe qui montre toutes les limites du fameux « État de droit » ! C’est la réalisation que « toute idéologie doit pour se réaliser en tant qu’action politique et sociale, créer et utiliser des institutions et des techniques adaptées à ses principes(17) ». On pourrait ajouter une autre fourberie de cette réforme de 2008, puisque désormais les ministres qui quittent le Gouvernement retrouvent automatiquement leurs sièges de parlementaires alors que sous de Gaulle, au départ du Gouvernement, il fallait aux excellences repasser par la case élection. Un recul de la démocratie en catimini qui n’a rien à envier à la IVe de nos républiques.
Aussi, dire que ces pratiques sont celles de la Ve République est donc risible, injuste et preuve d’une inculture ou d’une rare mauvaise foi quand on se réfère, comme on l’a vu précédemment, aux intentions du premier Président qui ne s’accrocha pas à son fauteuil, lui, après un vote négatif !
Il faut donc revenir non pas aux institutions, mais bien à ceux qui les utilisent, les hommes et les femmes. Le gestionnaire a une vision pragmatique qui peut alors être utile devant cette transgression des institutions par des hommes et des femmes qui n’atteignent pas le pouvoir pour les raisons que l’on serait à bon droit d’attendre d’eux !
On peut imaginer quelques pistes simples :
Interdire aux hauts fonctionnaires de devenir des élus. Administrer nécessite le sens du service et la neutralité. Les allers-retours entre cabinets, Grands Corps ou Grandes entreprises est le signe d’une véritable cleptocratie. Comment peut-on imaginer qu’un ministre de la Santé, ayant précédemment gouverné une Agence Régionale de Santé(18), puis le cabinet de la Cheffe du Gouvernement, puisse redevenir Conseiller d’État et donc conseiller ou juger en toute impartialité ? Et ce n’est qu’un exemple ! Cette mesure existe déjà pour les militaires en activité et ne suscite pas de controverse.
On peut aussi ne valider les élections, et cela serait sain dans les collectivités territoriales, que lorsque les élus ont obtenu au moins la moitié des voix en comptant les électeurs inscrits. Cela éviterait sans aucun doute leur procès en illégitimité et la violence que cela suscite. Une « délégation spéciale(19) » sous l’autorité du Préfet est déjà prévue en cas de démission d’un conseil municipal. Paris sous toutes les Républiques et jusqu’en 1977, et cela au mieux de l’intérêt général, n’avait pas de maire ! Cela ne veut pas dire qu’il faille restreindre la démocratie locale, bien au contraire. Cela oblige à susciter une approbation majoritaire et à responsabiliser électeurs comme élus.
Il est certain enfin que quelques règles morales, faute d’être pratiquées à l’évidence par la caste kakistocratique qui est aux affaires depuis quelque temps, doivent être imposées. Ce n’est pas la présence d’ailleurs hypothétique des anciens présidents de la République qui fait honte au Conseil constitutionnel, mais sa composition de copinage éhontée. Un ministre en exercice ne devrait pas pouvoir quitter son maroquin pour y siéger…
ce fut le cas notamment de son actuel président, comme d’autres moins compétents en droit encore par la suite. On peut aussi imaginer que le fait d’avoir fait voter des lois ou pris des ordonnances notamment sur la Sécurité sociale, comme Juppé, empêchent de se prononcer sur la constitutionalité de la réforme des retraites, par une loi justement créée par ces textes et rendue accessible au 49-3 par une réforme constitutionnelle lorsque l’on était justement au Gouvernement.
Ce ne devrait pas être un problème de texte d’abord, mais un problème de respect de soi et des autres ! C’est donc d’abord le signe d’une absence totale de morale de ces hommes qui incarnent cette cacocratie que dénonce André Maïsseu(20).
Repenser l’État au XXIe siècle(21) est un sujet qui concerne tous les courants de pensée et nous sommes heureux de contribuer à faire partager les idées les plus variées sans les épouser obligatoirement (voir page 68). C’est cela le fondement d’un débat démocratique qui semble bien devenu caricatural et donc sectaire en maints endroits ! De même que les Anciens égorgeaient les porteurs de mauvaise nouvelle, comme en témoigne le célèbre tableau de Lecomte de Nouÿ(22), les modernes font des « réseaux sociaux », le bouc émissaire de tous les dérèglements. Un article hors dossier nous apporte les éléments pour comprendre qu’on peut aussi y trouver les raisons de la « formation de l’intention d’agir » (page 75).
Mais il n’appartient pas à un éditorial d’apporter les réponses.
Il doit juste introduire la réflexion.
Ainsi, notre revue a-t-elle tenu à s’ouvrir à une forme nouvelle de démocratie qui a bien du mal à émerger. C’est la démocratie de la santé.
Un premier colloque a été organisé en 2023, Démocratie en Santé et pouvoir d’agir des usagers en partenariat avec le Cnam-Paris. Il a rencontré un succès qui nous a étonné par le nombre des participants et des propositions d’intervention.
Mais, cela nous a confirmé dans l’idée que les gestionnaires avaient raison de s’intéresser à la démocratie.
Un deuxième colloque aura lieu en partenariat toujours avec le Cnam-Paris en y ajoutant nos amis québécois, le 13 juin 2024 en visioconférence. Son programme est déjà établi sur le thème du Pouvoir d’agir des usagers en France et au Québec : partage de connaissances pour une plus grande démocratie en santé(23) (page 5).
Mais en attendant cet événement, Sandra Bertezene qui dirige la chaire de « Gestion des services de santé » avait posé les bases épistémologiques du sujet(24). Elle a coordonné uncahier spécial des meilleurs articles en matière de sciences de gestion de l’édition 2023 qu’elle présente dans ce numéro (page 15).
Un ouvrage que nous coordonnerons, paraîtra en 2025, pour l’anniversaire des 60 ans de notre revue, La RSG. Il présentera les contributions retenues dans toutes les thématiques qui ne sont pas « gestionnaires » au sens strict. Cela permettra d’apporter un appareil complet de réflexion sur le droit des citoyens en matière de santé.
C’est dire qu’aussi bien pour démocratiser la gestion que pour gérer la démocratie, il y a vraiment du « pain sur la planche », si l’on me pardonne cette formule imagée et que nous sommes légitimes en sciences de gestion !
1. Philippe Naszályi (1996). Éditorial, Direction et gestion des entreprises, 159-160.
2. Philippe Naszályi (1995). « La gestionite », direction et gestion des entreprises, 155-156, 6-7. J’aurais sans doute été mieux inspiré d’écrire « gestionnite » !
3. Philippe Naszályi (2016). « Et si l’on faisait (enfin) appel à un gestionnaire ! », La Revue des Sciences de Gestion, 278-279, 1-2.
4. Plaidoyer pour l’association dans les entreprises, au Vélodrome d’hiver, le Général de Gaulle s’adresse aux délégués des groupes d’entreprises du R.P.F., 14 décembre
5. « Les coopératives en France : un atout pour le redressement économique, un pilier de l’économie sociale et solidaire », Rapport d’information n° 707 (2011-2012), déposé le 25 juillet 2012. http://www.senat.fr/notice-rapport/2011/r11-707-notice.html
6. Michel Abhervé, (2015). « Les banques coopératives, des banques comme les autres ? », Revue Projet, 345, 73-79. https://www.cairn.info/revue-projet-2015-2-page-73.htm
7. Thomas Regazzola (2023). « Les grands groupes coopératifs agricoles français : une captation abusive d’image », https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2023/06/15/les-grands-groupes-cooperatifs-agricoles-francais-une-captation-abusive-d-image-une-nouvelle-contribution-de-thomas-regazzola
8. Christoph van der Elst (2016). Empowering the audit committee and the auditor in related party transactions, https://research.tilburguniversity.edu/en/publications/empowering-the-audit-committee-and-the-auditor-in-related-party-t
9. Randall S. Thomas et Christoph Van der Elst (2015). « Say on Pay Around the World », Vanderbilt Law and Economics Research Paper 14-10, Washington UniversityLaw Review, 92, 653, https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2401761
10. Daniel Bachet (2020). « Système d’information comptable et démocratie dans l’entreprise », Accounting information system and corporate democracy. http://openscience.fr/IMG/pdf/iste_roisi20v1n1_4-2.pdf
11. Daniel Bachet (2020), op.cit.
12. Avec les équipes d’AP2e, menées par Sylvie Mayer, nous avions travaillé à préparer dans la Loi Hamon des articles prévoyant Une législation adaptée au rachat coopératif : https://www.humanite.fr/-/philippe-naszalyi/une-legislation-adaptee-au-rachat-cooperatif-est-une-innovation-creative, 25 juillet 2013.
13. Le projet de proposition de loi du collectif Ap2E : « Un droit de préemption pour les salariés, accession à la propriété économique et juridique par les salariés, à la cession et à la poursuite d’activité d’une entreprise » https://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2013-1-page-77.htm, « L’actualité de la gestion. Universités – Grandes Écoles – Entreprises – Institutions… », La Revue des Sciences de Gestion, 2013/1-2, 259-260, 77-80. DOI : 10.3917/rsg.259.0077. URL : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2013-1-page-77.htm
14. Philippe Naszályi, (2013). « Le lancinant problème de la transmission des entreprises… Des pistes innovantes pour maintenir l’emploi et l’activité économique : La transmission aux salariés… », La Revue des Sciences de Gestion, 2013/1-2, 259-260, 1-3. DOI : 10.3917/rsg.259.0001. URL : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2013-1-page-1.htm
15. Proposition de loi facilitant la reprise d’entreprise sous forme de société coopérative de production, présentée par Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris (enregistré à la Présidence du Sénat le 30 mai 2013), « L’actualité de la gestion. Universités – Grandes Écoles – Entreprises – Institutions… », La Revue des Sciencesde Gestion, 2013/3-4, 261-262, 77-79. DOI : 10.3917/rsg.261.0077. URL : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2013-3-page-77.htm
16. Karl Loewenstein (1953) « Die radikalste formale Gleichheit wird ohne soziale Homogenität zur radikalsten Ungleichheit und die Formaldemokratie zur Diktatur der herrschenden Klasse », (H. Heller, « Politische Demokratie und soziale Homogenität » (1928)), in GS II, p. 430.
17. « Les systèmes, les idéologies, les institutions politiques et le problème de leur diffusion », Revue française de science politique, 1953, 3-4, p. 677-698.
18. Philippe Naszályi (2020). « Gestion du Covid-19 : un modèle de Kakistocratie, où règnent les médiocres ! », Revue Politique et Parlementaire, https://www.revuepolitique.fr/gestion-du-covid-19-un-modele-de-kakistocratie-ou-regnent-les-mediocres/
19. Article L.2121-35 et 36 du Code général des collectivités territoriales (CGCT).
20. André Maïsseu (2020). « De la féodalité à la cacocratie » notamment tome III : Le Paradigme victorien « À la recherche des savoirs », les éditions Persée.
24. Sandra Bertezene et Fatima Yatim (2023). « Quel cadre épistémologique pour la démocratie en santé ? », La Revue des Sciences de Gestion, 324, 11-26. https://www.cairn.info/revue–2023-5-page-11.htm
« La Fédération Hospitalière de France (FHF) dénonce l’allocation de ressources exceptionnelles au profit du secteur privé commercial et demande la totale transparence sur le financement de ces mesures et des mesures supplémentaires pour l’hôpital public »
Depuis plusieurs semaines les représentants des cliniques privées menacent d’une fermeture totale de leurs établissements à compter du 3 juin, exigeant un soutien financier exceptionnel de l’État au détriment des budgets spécifiquement dédiés aux établissements publics. Aujourd’hui, les suites données à ce chantage créent un précédent inédit qui ne sera pas sans conséquences, et ce, dans un contexte de mobilisation nationale à la fois sur les enjeux de santé publique et à la veille des Jeux Olympiques et Paralympiques.
La FHF regrette une volte-face incompréhensible et injuste et demande des garanties fortes pour l’hôpital public
À la découverte de cet arbitrage financier, la FHF ne peut qu’exprimer sa forte inquiétude et demande la totale transparence sur le mécanisme et l’origine du financement de ces mesures.
La FHF demande avec la plus grande fermeté trois garanties :
Premièrement, la FHF demande la garantie que ce choix n’entrave en rien le financement des hôpitaux publics et de leurs missions ;
Deuxièmement, le budget voté par le Parlement à l’automne 2023 pour les établissements de santé n’étant pas augmenté, la FHF considère qu’il ne peut être que dépassé au regard de ces annonces. En conséquence, la FHF demande la garantie immédiate que la part du budget de l’hôpital public qui a été mise de côté en début d’année par le Gouvernement pour s’assurer contre un dépassement du budget public aux établissements publics et privés lui sera restituée intégralement en fin d’année, y compris en cas de dépassement de l’enveloppe des cliniques privées commerciales ;
Troisièmement, parce que tous les chiffres vérifiés attestent qu’en raison de leurs missions de service public, la situation budgétaire des CHU et des CH – avec un déficit de l’ordre de 1,7 milliard – est bien plus difficile que celles des cliniques, la FHF demande dès à présent des engagements clairs en matière de soutien à l’investissement et de couverture de l’inflation pour l’hôpital public. À ce stade, la FHF rappelle qu’un milliard d’euros manquent toujours au sein de l’ONDAM « établissements de santé » pour compenser l’inflation à l’hôpital public.
Les 8, 9 et 10 novembre 2023, s’est tenu, à l’Université Clermont-Auvergne (UCA) à Clermont-Ferrand et à la Maison Heinrich Heine (Paris), un colloque organisé par Philippe Mesnard, Professeur des Universités en littérature comparée, (Université Clermont-Auvergne, Institut Universitaire de France) et Dominique Viart (Professeur des Universités en littérature française contemporaine, (Université Paris Nanterre, Institut Universitaire de France).
Avec l’aimable autorisation de Philippe Corcuff, Professeur des Universités en science politique à l’IEP de Lyon, nous reproduisons ici l’argumentaire qu’il a co-écrit avec Philippe Mesnard et qui est publié sur le site de « Mémoires en jeu » du 15 avril 2024, https://www.memoires-en-jeu.com/dossier/pensees-critiques-et-questions-memorielles/
Nous les remercions vivement et nous pensons que ce texte mérite d’être lu également par des gestionnaires pour amener un débat qui s’inscrit dans la logique de l’éditorial de ce numéro : Démocratiser la gestion ou Gérer la démocratie ?
Ce colloque invite à interroger les questions et les pratiques mémorielles de notre temps au regard des pensées, des positionnements et des discours critiques avec lesquels elles sont régulièrement en rapport. Il s’agit moins de considérer des événements passés en tant que tels – sur les plans factuel ou historiographique – que leurs reconfigurations et usages mémoriels. Cela conduit à un état des lieux de la critique, suivant ses différents usages et acceptions, au regard d’un domaine aussi sensible que celui de la mémoire historique engageant le monde commun.
À peine postérieur au 7 octobre et à leurs conséquences, il n’a pas été question, à quelques digressions près, de la façon dont les mémoires étaient et allaient être interpellées et convoquées par ces événements.
Toutefois, une deuxième manifestation étant déjà prévue pour l’automne 2024, ces questions-ci en sont devenues l’enjeu.
Mais voici déjà, en guise d’invitation à débattre, trois courtes problématisations : standardisation, positionnement critique et ambivalence et dépossession critique.
Standardisation
Le recours au témoignage comporte une portée critique face aux croyances et aux pouvoirs illibéraux et criminels. La mémoire de faits, d’événements ou de situations historiques, politiques ou socio-économiques permet, à partir de pratiques d’archivage, de création et de transmission de dénoncer des atteintes à la dignité humaine, généralement associées à des systèmes coercitifs. Elle est en cela un moyen de prise de conscience et un ressort de la justice et de l’émancipation.
Toutefois, en devenant un des fondements de nos espaces démocratiques contemporains, cette vocation du témoignage et de la mémoire s’est dédoublée. Les questions mémorielles se sont converties en un vaste dispositif d’interprétation des violences qui élabore des normes, engage à les instituer et porte des valeurs – d’ordre généralement moral mais aussi esthétique – pour tenter de régler notre rapport éthique à l’autre.
Un tel dispositif contribue largement à l’institution dans nos sociétés occidentales de cadres d’expression forts – du fait de leur charge morale – avec leurs lieux communs, leurs topoï et leurs figures symboliques dont la victime, définie à partir de la vulnérabilité, est l’un des exemples majeurs. Ainsi, comme on parle de « bonnes pratiques », les bonnes production et réception des témoignages,et leur visibilité, aussi bien médiatique que scientifique, tiendraient à leur conformité aux cadres de l’expression mémorielle [S. Lefranc ; Ph. Mesnard]. La standardisation qui en résulte, entamant la portée critique des questions mémorielles, mettrait en veilleuse les potentiels du passé [W. Benjamin] à produire des étincelles permettant d’interroger et de réinterroger le présent, sans complaire à son horizon d’attente et à ses codes.
De prime abord paradoxale avec l’idée sensible que l’on se fait du rapport au passé, la standardisation dont il s’agit passe en fait par des registres extrêmement variés d’émotions sur lesquels se trouvent précisément à spéculer les sociétés capitalistes contemporaines [E. Illouz]. La normalisation des expressions mémorielles participerait alors d’une forme de raison instrumentale intimement élaborée [question évidemment explorée par l’École de Francfort, de T.W. Adorno et M. Horkheimer à A. Honneth] à laquelle les productions ou les créations intellectuelles et artistiques s’intéressant au passé devraient se confronter. En ce sens, il faut prendre la mesure de cette interpellation par le passé qui nous requiert au niveau de notre langage, de notre histoire familiale, de nos identités sociale, culturelle et intellectuelle, de notre espace de vie, de notre monde commun.
Ainsi, cette standardisation ne concernerait pas seulement les commémorations, les musées ou les discours et les représentations médiatiques, elle plonge plus profond pour étendre son institution au-delà et en-deçà de ces espaces symboliques. Il n’est qu’à regarder comment toute une part de la littérature et du cinéma fait du passé son sujet, certes, parfois avec une grande intelligence, mais empruntant très souvent de mêmes voies, de mêmes modèles et modesde subjectivation. Ceux-ci sont si facilement repérables que l’on peut se demander s’il ne faut pas y voir une forme, non plus de production, mais de reproduction – en l’occurrence concertante [D. Viart]– renforçant les cadres mémoriels actuels au risque de neutraliser aussi bien l’autoréflexivité que l’esprit critique sous couvert de faux-semblants [T.W. Adorno].
L’enquête, le cadre familial et les figures des grands-parents que l’on a eus ou non, les révélations de papiers et de photos jadis égarés, la réparation de l’autre, voire du monde – non sans générer une sorte de fantasme rédempteur de toute-puissance –, de soi et d’entre soi, avec les morts et les vivants, tous ces thèmes, procédés ou dispositifs se présentent comme des passages « obligés » non seulement de l’expression mémorielle, mais d’une réception favorable, nécessairement à interroger pour ne pas céder à la complaisance. On peut même se demander si ce mémoriel-ci et, coextensivement, la question du soin – plus souvent dénommée care – ne sont pas devenus une planche de salut éthique à laquelle on est invité à se raccrocher dans un monde en complète dérégulation.
Positionnements critiques
On mesure facilement les enjeux critiques que véhicule le souci testimonial et mémoriel en tournant son regard vers l’extérieur des espaces démocratiques, qu’il s’agisse des persécutions des Ouighours en Chine, des Rohingyas en Birmanie ou, dans un tout autre registre, des révisions idéologiques de l’histoire en Pologne et, mutatis mutandis, en Russie cautionnant pour cette dernière un système criminel. Il en est de même pour les pays du « Printemps arabe » dont l’ensemble est désormais sous la coupe de pouvoirs répressifs, face auxquels réagissent des contrecultures où la mémoire des exactions est archivée et transmise souvent à travers les domaines artistiques [G. Fabbiano].
Mais à l’intérieur de nos espaces démocratiques, les pratiques mémorielles ne sont pas non plus épargnées par les critiques.
Comment celles-ci se manifestent-elles ?
Elles peuvent venir des études postcoloniales et de genre, intersectionnelles ou de ce qui a été étiqueté par leurs adversaires comme « cancel culture ». À ce titre, le déboulonnage ou le taguage des statues n’auraient-ils pas mis en lumière, tout autant que le passé peu illustre de « grands hommes » et l’essoufflement démocratique [L. Murat], la faiblesse critique des études de mémoire ?
Autre exemple, alors même que Michael Rothberg est identifié originellement à son appartenance aux Memory studies, la controverse qu’il a portée en Allemagne entre 2021 et 2022 à propos de la mémoire de la Shoah, le rapproche des études postcoloniales auxquelles appartient Achille Mbembe dont il a pris la défense à cette occasion. Sa thèse de la multidirectionnalité mémorielle ne conduit-elle pas finalement, à l’instar d’autres courants, à une contestation d’une mémoire taxée d’européo-centrée, voire occidentalo-centrée[1] ?
Tout se passerait comme si, finalement, c’était à l’extérieur des limites que traçait la mémoire, devenue un enjeu et, à la fois, un ressort de normalisation morale, que des pensées critiques qui s’appuient sur le passé cherchaient à s’exprimer pour défaire les attentes et remettre en question, aussi bien les idées reçues que l’institution de savoirs perpétuant directement ou indirectement des enjeux contemporains de pouvoir. Parmi ces enjeux, et pas des moindres, on peut compter la mise à l’écart de mémoires militantes historiquement liées à des mondes du travail, notamment ouvrier, et la relégation, avec toute une pensée néomarxiste, d’interprétations en termes de rapports de classe. On peut ainsi se demander si des passerelles sont possibles – ou s’il y a incompatibilité structurelle – entre les études mémorielles et des pratiques militantes que l’on a tendance aujourd’hui à muséifier ou à stigmatiser si elles sont encore trop manifestement associées à des actions violentes [C. Brun ; O. Penot-Lacassagne].
Toutefois, les questions mémorielles sont aussi animées, à l’intérieur de milieux historiquement concernés par de fortes crises qui illustrent ce que l’on qualifie communément de conflits, guerres, concurrences des mémoires (ou concurrences de victimes, puisque l’on associe généralement mémoire et victime). Mais ces crises émanent-elles d’une réflexion critique ? En suscitent-elles ?
Ne reproduisent-elles pas plutôt des logiques de rejet et d’invisibilisation ? Il en est ainsi de la façon dont la prison de Montluc est devenue un enjeu mémoriel [M. André] où une part importante de son histoire liée à la guerre d’Algérie est reléguée à l’arrière-plan au profit des années 1943-1944, exemplaires de la répression de la Gestapo. En ce qui concerne les concurrences publiques entre la traite négrière et l’esclavage, d’une part, et la Shoah, d’autre part, cela ne conduit-il pas, subrepticement et de manière non intentionnelle, à homogénéiser par avance les rapports mémoriels à deux tragédies historiques plutôt que de permettre de penser tout à la fois leur proximité et leur différence[2] ? Ces oppositions, parfois d’une grande violence verbale, n’ont-elles pas précisément pour effet de faire de la polémique un mode de neutralisation, voire de réification, des perspectives critiques et créatrices que véhicule potentiellement le passé ? C’est là que l’on se retrouve à interroger, d’une part, les logiques de reconnaissance et la possibilité de leur perversion instrumentale, d’autre part, le rôle des subjectivations identitaires nourrissant des processus de discrimination.
Ainsi, l’approche de la reconnaissance et de la visibilité [A. Honneth], comme de la mésentente et de la subjectivation [J. Rancière] sont des théories critiques à mettre en dialogue, non seulement l’une avec l’autre, ce qui a déjà été réalisé [K. Genel et J.-Ph. Deranty], mais avec de tels phénomènes mémoriels.
Ambivalences et dépossessions critiques
Le rapport que l’on entretient avec la réflexion mémorielle et ses objets est complexe et ambivalent, chacun d’entre nous y étant subjectivement partie prenante.
Aussi dire que ce qui relève du mémoriel est « normatif » avec une connotation péjorative et est devenu comme un lieu commun. Très facilement, l’on critique – au sens où l’on porte un jugement négatif – la mémoire et son « devoir », la victimisation, la repentance. De même, on moque les raouts mémoriels qu’ils soient académiques, comme ceux de la fameuse Memory Studies Association rassemblant des milliers de chercheurs, ou politiques, comme les grands spectacles commémoratifs. Mais cela n’empêche pas d’y être attentifs et de les suivre. Parfois malgré soi, on véhicule le discours mémoriel et on incline à en respecter les conventions et les tendances sacralisatrices, en prévention de toute forme de négationnisme. Car la normalisation des questions testimoniales et mémorielles ou, plutôt, leur traitement comme levier normalisateur est aussi une réaction aux tentatives de révision de l’histoire qui visent, en niant des crimes, leurs intentions ou leurs systèmes, à promouvoir des visions racistes, antisémites, nationalistes et inégalitaires. Et la légitime et nécessaire critique de la standardisation mémorielle a donc pour obligation éthique et politique de ne pas alimenter les diverses formes contemporaines de relativisme et de négationnisme.
Car, ajoutant un degré de complexité, c’est dans ce cas du côté de l’extrême droite qu’il faut regarder, non pour souligner ses affinités et prises de positions historiques avec les falsificateurs de l’histoire, mais pour constater à quel point l’extrême droite et, plus largement, les courants ultra-conservateurs jouent sur la confusion [Ph. Corcuff] avec des positionnements qu’ils présentent comme « critiques » tout en empruntant des stratégies et un discours culturel de normalisation [N. Lebourg et J. Fourquet]. On assiste ainsi régulièrement à des logiques de réappropriation de signes émanant d’une gauche intellectuelle et politique qui a elle-même perdu, avec ses pratiques militantes, nombre de ses positionnements critiques ou les a appauvris. Les schémas conspirationnistes, la mise en cause de ce qui est stigmatisé en tant que « politiquement correct » et la haine des médias se présentent comme trois moteurs rhétoriques de cet hypercriticisme d’extrême droite, sur la base de la dissociation du couple nouant historiquement dans l’imaginaire de gauche critique sociale et émancipation Or, cet hypercriticisme ultra-conservateur s’attaque justement aussi, d’une manière sélective propre à son identitarisme et aux logiques discriminatoires qu’il promeut, aux cadres mémoriels dits « politiquement corrects ». Plus, complotisme, provocations du « politiquement incorrect » et dénonciations manichéennes des médias participaient déjà à certains discours critiques de gauche [M. Angenot], et constituent alors des zones de porosité confusionniste particulières favorisant l’extrême droitisation idéologique.
Ce contexte appelle une clarification des postures critiques sur la base d’une réassociation de la critique et de l’émancipation dans une perspective cosmopolitique. Cela suppose de mieux lier critique du discours mémoriel et horizon d’émancipation sociale, à la fois individuelle et collective. Ce qui fait que, moins que jamais, la critique scientifique ne peut perdre de vue des appuis éthiques et politiques. Avec pour base, ces trois problématisations, ce colloque des 8, 9 et 10 novembre ouvre à une réflexion multidisciplinaire sur la capacité des dispositifs mémoriels contemporains à développer une vision critique sur leur propre rapport au passé. Pari initial auquel s’ajoute la multidisciplinarité comme condition de dépasser les fréquents cloisonnements disciplinaires auxquels sont assignées les questions mémorielles.
Bibliographie
– Adorno, Theodor W., 1951, « Critique de la culture et société », 1986, Prismes [1955], Paris, Payot.
– Adorno, Theodor W. et Horkheimer, Max, 1947, La Dialectique de la raison, trad. allemande de E. Kaufholz, Gallimard, 1974.
– André, Marc, 2022, Une Prison pour mémoire. Montluc, de 1944 à nos jours, Lyon, ENS éditions.
– Angenot, Marc, 1982, La parole pamphlétaire. Contribution à la typologie des discours modernes, Paris, Payot.
– Benjamin, Walter, 1940, Über den Begriff der Geschichte,
– Brun, Catherine (co-dir. avec Elara Bertho & Xavier Garnier), 2021, Figurer le terrorisme. La Littérature au défi, Paris, Karthala.
– Corcuff, Philippe, 2021, La Grande confusion. Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées, Paris, Textuel.
– Fabbiano, Giulia (dir.), 2023, dossier : Contre-archives. Poétiques, pratiques et politiques de la trace, Mémoires en jeu, n° 19.
– Genel, Katia et Deranty Jean-Philippe, 2020, Reconnaissance ou mésentente ? Un dialogue critique entre Jacques Rancière et Axel Honneth, Paris, Éditions de la Sorbonne.
– Honneth, Axel, 2008 [2006], La Société du mépris, Vers une nouvelle Théorie critique, Paris, la découverte.
– Illouz, Eva, 2019, Les marchandises émotionnelles : l’authenticité au temps du capitalisme, Paris, Premier Parallèle.
– Lebourg, Nicolas (avec Jérôme Fourquet), 2017, La Nouvelle guerre d’Algérie n’aura pas lieu, Paris, Fondation Jean Jaurès ; 2022, « La guerre d’Algérie et les extrêmes droites : six décennies de “contre-terrorisme” ? », in Giulia Fabbiano & Abderahmen Moumen (dir.), Algérie coloniale. Traces, mémoires et transmission, Paris, Le Cavalier bleu éditions, p. 123-145.
– Lefranc, Sandrine, 2022, Comment sortir de la violence ? Enjeux et limites de la justice transitionnelle, Paris, CNRS éditions.
– Mesnard, Philippe, 2021, Les Paradoxes de la mémoire. Essai sur la condition mémorielle contemporaine, Lormont, Le Bord de l’eau.
– Murat, Laure, 2022, Qui annule quoi ? Paris, Le Seuil, Libelle.
– Penot-Lacassagne, Olivier, 2021, « La cause des peuples », in E. Bertho, C. Brun & X. Garnier, Figurer le terrorisme. La Littérature au défi, Paris, Khartala, p. 43-60.
– Rancière, Jacques, 1995, La Mésentente, Paris, Galilée.
– Rothberg, Michael, 2009, Multidirectionnal Memory. Remembering the Holocaust in the Age of Decolonization (Cultural Memory in the Present), Stanford University Press.
– Viart, Dominique, 2009, « Le silence des pères au principe du “récit de filiation” », Études françaises, 45(3), 95-112. https://doi.org/10.7202/038860ar ; 2019, « Comment nommer la littérature contemporaine ? », l’Atelier de théorie littéraire de Fabula.
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