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CDEFM : les perspectives pour 2026

Ce 29 janvier, les perspectives de la CDEFM pour 2026 était présentées par Vincenzo Vinzi, Directeur Général de l’ESSEC et Stéphanie Lavigne, Directrice Générale de TBS Education.

Vincenzo Vinzi, respectivement président par intérim, et Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la CDEFM, viennent d’organiser conjointement une conférence de presse de présentation de l’organisation et ses perspectives en ce début 2026. La Conférence des Directeurs des Écoles Françaises de Management regroupe à ce jour 37 écoles, près de 180.000 étudiants, dont 1/3 en alternance, 4.000 professeurs et 10.000 collaborateurs.

Vincenzo Vinzi, président, et Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la CDEFM
Vincenzo Vinzi, président, et Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la CDEFM, dans les locaux de l’ESSEC Business School, à Puteaux.

Les membres de la CDEFM présentent un positionnement international compétitif malgré des risques

En premier lieu Vincenzo Vinzi aura décrit la position des meilleures écoles de commerce comme un véritable « miracle à la française”. Alors qu’elles permettent un accès aux grandes écoles de commerce avec des frais d’inscription globalement plus faibles que leurs concurrentes internationales, la CDEFM fait le tour de force de placer 26 écoles dans la tranche des 100 meilleures inscrites dans le classement du Financial Times de 2025, comme le confirme un communiqué de Campus France.

  • Ceci-dit, il faut constater – en premier lieu – une fuite paradoxale d’étudiants français justement vers l’international. Il existe en effet un effet délétère à ce jour lié au calendrier de Parcoursup qui donne aux étudiants des réponses trop tardives sur leur choix définitifs d’inscription dans les établissements scolaires français alors que les places dans les écoles étrangères se clôturent par anticipation. Un processus contre-productif qui amène trop souvent les étudiants nationaux à préférer la sécurisation d’une place hors de nos frontières.
    Bien entendu, il faudrait avancer la date des résultats selon les représentants de la CDEFM. Des échanges avec le Ministère à ce propos seraient d’ailleurs bien avancés.
  • En second lieu, sur les 37 écoles de la conférence, 23 écoles s’ouvrent aux classes préparatoires. La réputation historique des grandes écoles en France est d’ailleurs un marqueur important de cette filière. Pourtant, lors de la dernière rentrée, quatorze d’entre-elles n’ont pu remplir les effectifs attendus. C’est que la concurrence internationale s’intensifie. Historiquement centré autour du Top 10 des écoles, il faut noter aujourd’hui un resserrement notable du choix des familles pour  le Top 5 des établissements triplement accrédités (AMBA, EQUIS, AACSB).
    « Une des cinq premières sinon rien… » deviendrait une attitude souvent constatée selon les propos de Stéphanie Lavigne. En tout cas, « rien en France » faut-il préciser si les étudiants concernés par ce choix n’obtenaient de place dans le quinté !

On comprend mieux la compagne “Prépare-toi” #PREPARETOI initiée dès 2024, visant à mettre en exergue le passage en classe préparatoire – pour valoriser ces étudiants diplômés des Grandes Écoles Françaises de Management ayant emprunté cette filière – par la délivrance de deux nouveaux certificats : un « Certificates of Liberal Arts » et un autre dit « of Humanities » délivré par la CDEFM. Le but est autant de signaler aux entreprises ce passage dans une filière spécifique, pour ne pas dire élitiste, avec une vision dite « higher order thinking skills » visant également à répondre aux attentes de l’Association des professeurs des classes préparatoires (APHEC) face aux formations bac +2 diplômantes qui prennent du terrain.

Une double difficulté pour les établissements qui cherchent à ouvrir les recrutements

Au-delà de cette sélection des profils dans une valorisation des « habiletés supérieures de la pensée », il ne faut pas oublier la masse de la cohorte. 64% des étudiants en école de commerce ne seraient jamais venus s’il n’y avait pas eu d’apprentissage et 27% y sont boursiers, selon une étude CDEFM réalisée auprès de 7.445 étudiants et publiée en novembre 2024. 48% de ces mêmes étudiants travaillent, dont 90% dans des entreprises françaises. 1/3 sont des internationaux et les 3/4 souhaitent vivre en France. C’est donc bien la valeur d’une culture transmise que la plupart des étudiants viennent finalement chercher en France, dans une sorte de « pollinisation croisée des cultures » évoque Vincenzo Vinzi, lui-même né à Capri (Italie). C’est pourquoi ce dernier aspire à ce que les problématiques de délivrance des visas puissent se solutionner grâce à une simplification des processus et un accroissement des offres d’hébergement autour des campus. Une mise en « valeur républicaine » précise-t-il, avant d’évoquer les partenaires Campus France et le label « Bienvenue en France » ainsi que les Ministères de référence.

Pourtant, la rédaction de LaRSG s’est étonnée du fait que certaines écoles de la CDEFM s’écartent de l’esprit qui prévaut à l’article premier de la Constitution française intitulé « De la souveraineté » qui stipule que la langue de la République est le français. Qu’il s’agisse des enseignements ou du site internet, 100% est parfois en anglais ! Lorsque la question est posée, Stéphanie Lavigne précise que certaines écoles ont effectivement développé des programmes « Full English » pour ceux des étudiants qui veulent s’inscrire dans des carrières internationales. Il n’en reste pas moins que l’ESCP est financée, pour partie, par des cotisations prises sur les entreprises du tissu économique parisien, alors que l’établissement n’affiche plus Paris comme raison d’être de son acronyme. [source]

« La langue ne doit pas présenter une barrière » indique Vincenzo Vinzi, et il y a « risque de se couper de talents », même si « chaque école fait sa stratégie » complète Stéphanie Lavigne.

Une course à la certification perpétuelle

Alors qu’une unification des critères de qualité serait souhaitée par le président de la CDEFM en évoquant les organismes de certification, autant nationale qu’internationale, Vincenzo Vinzi a exprimé le souhait que la certification « Qualiopi » – considérée aujourd’hui comme un gage de qualité des prestataires d’actions de formation et d’apprentissage – puisse subir une montée du label vers une version complémentaire Qualiopi +.

Rendue obligatoire depuis le 1er janvier 2022 pour les organismes de formation souhaitant bénéficier des fonds publics et mutualisés, Qualiopi se verrait adjoindre une nouvelle certification cette fois obligatoire pour renforcer les exigences sur les méthodes pédagogiques. En perspective, de nouveaux dispositifs de contrôle pédagogique de l’apprentissage seraient envisagés alors que la certification actuelle ne mesure directement ni l’impact ni l’efficacité de l’enseignement.

À n’en pas douter, une sur-législation entrainement de nouveaux coûts pour les écoles qui se répercuterons inévitablement. Les frais des programmes grandes écoles (PGE) ayant augmenté de 84% depuis 2011, passant d’environ 25 918 € à 47 728 €, et continuent de croître de 5 % par an (source TF1).

Le mot de la fin pour la CDEFM

Vincenzo Vinzi et Stéphanie Lavigne n’ont exprimé aucun avis sur l’émancipation du CNRS des accès du Web of Science (Clarivate) et l’impact pouvant être induit sur les écoles membres de la CDEFM.

Les écoles de la CDEFM favorisent les étudiants et la défense de leur modèle d’excellence

Les écoles de la CDEFM () poursuivent leur politique d’augmentation du nombre d’inscrits. Depuis trois ans, les écoles soutiennent ainsi leur modèle d’excellence via les classes préparatoires.

Une augmentation du nombre de places

Les écoles de la CDEFM s’engagent à limiter l’augmentation du nombre de places ouvertes pour leurs établissements à 15 maximum pour les concours BCE et Ecricome 2025 (concours ECG).

Le cas des admissions sur titre 2025

Concernant les concours des Admissions sur titre 2025, toutes les écoles membres de la CDEFM communiqueront selon un calendrier identique les résultats aux étudiants :

  • embargo sur les résultats des concours et/ou études de dossiers du 11 janvier 2025 au 10 février 2025
  • publication des admissions le mardi 11 février 2025, date identique pour toutes les écoles
  • affectations, inscriptions et demandes d’acompte à compter du mercredi 12 février 2025
  • embargo sur les résultats des concours et/ou études de dossiers du 10 mai 2025 au 9 juin 2025
  • publication des admissions le mardi 10 juin 2025, date commune pour tous
  • affectations, inscriptions et demandes d’acompte à compter du mercredi 11 juin 2025

En dehors de ces périodes, les écoles pourront communiquer leurs résultats aux étudiants selon les besoins.