Le Baromètre IFA – Ethics & Boards publié en février 2026 montre que la gouvernance des grandes entreprises françaises a profondément changé : parité presque atteinte dans les conseils d’administration, montée en puissance des critères environnementaux et nouveaux risques liés au numérique. Reste désormais une question centrale : ces transformations modifient-elles réellement la décision stratégique ?

Les résultats du nouveau Baromètre IFA – Ethics & Boards de la gouvernance responsable
Publié en février 2026, le nouveau Baromètre IFA – Ethics & Boards de la gouvernance responsable propose une analyse détaillée du fonctionnement des conseils d’administration des grandes entreprises françaises. L’étude porte sur les sociétés du SBF 120, c’est-à-dire les cent vingt principales entreprises cotées à Paris, parmi lesquelles figurent les quarante groupes du CAC 40.
Au fil des années, ce baromètre est devenu un observatoire privilégié des transformations du gouvernement des entreprises. L’édition 2026 montre que la gouvernance française entre désormais dans une phase de stabilisation : les réformes engagées depuis une décennie produisent des effets visibles, mais ouvrent aussi de nouvelles interrogations.
La parité progresse dans les conseils, moins dans le pouvoir exécutif
Le premier enseignement concerne la place des femmes. Les conseils d’administration atteignent aujourd’hui un niveau proche de la parité, autour de 47 % d’administratrices. La France se situe ainsi parmi les pays les plus avancés en matière de représentation féminine.
Mais le rapport souligne une limite importante : cette progression reste nettement plus lente dans les comités exécutifs et les directions générales. La question n’est donc plus seulement celle de la présence dans les conseils, mais celle de l’accès effectif aux responsabilités opérationnelles.
La responsabilité devient un outil de gestion
Le baromètre confirme également la généralisation des politiques dites ESG — pour Environnement, Social et Gouvernance. Il s’agit d’intégrer dans la gestion de l’entreprise des critères liés à l’impact environnemental, aux enjeux sociaux et à la qualité du fonctionnement des instances dirigeantes.
Dans la plupart des grandes entreprises, ces questions ne sont plus périphériques : elles font désormais l’objet de comités dédiés et influencent de plus en plus la rémunération variable des dirigeants.
Des conseils confrontés à de nouveaux risques
Autre évolution marquante : l’élargissement des sujets traités par les conseils d’administration. Aux questions financières traditionnelles s’ajoutent désormais la cyber sécurité, la gestion des données et l’intelligence artificielle. Le rôle de l’administrateur évolue : il ne s’agit plus seulement de contrôler, mais d’anticiper des transformations technologiques rapides.
Une gouvernance installée, mais encore à prouver
Le constat général est celui d’une gouvernance désormais largement structurée. Les règles existent, les comités sont en place et les standards sont partagés. Reste une interrogation centrale : ces dispositifs influencent-ils réellement les décisions stratégiques ou répondent-ils principalement à une exigence de conformité ?
Pour les sciences de gestion, ce baromètre confirme en tout cas une évolution majeure : le conseil d’administration devient un lieu d’arbitrage entre performance économique, responsabilité sociétale et incertitude technologique. La gouvernance n’est plus seulement une question juridique ; elle devient un enjeu stratégique.