n°338 Perversion narcissique organisationnelle : une théorie ancrée

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UGS : 338-03 Catégorie :

Description

par David Christophe Moriez et Miguel Liottier

Cet article propose une conceptualisation de la perversion narcissique organisationnelle à partir d’une enquête qualitative menée au sein d’Écoles Supérieures de Commerce (ESC) françaises. Trente-six entretiens, analysés selon une démarche théorique ancrée, ont permis d’identifier cinq dynamiques interdépendantes qui invisibilisent la souffrance au travail : double discours, anonymisation du pouvoir, négation de l’identité professionnelle, pilotage toxique de la performance et dévoiement des textes règlementaires. Une analyse lexicométrique complémentaire confirme leur cohérence sémantique.

L’étude renouvelle la compréhension de la souffrance au travail en la considérant non pas comme un effet collatéral, mais comme un principe opératoire de régulation institutionnelle ou l’organisation elle-même agit comme agent pathogène. Elle propose enfin des implications managériales pour clarifier la responsabilité, préserver la singularité institutionnelle et soutenir des trajectoires de différenciation fondées sur l’authenticité organisationnelle.

Mots-clés : Perversion narcissique organisationnelle, Écoles Supérieures de Commerce (ESC), Souffrance au travail, Normalisation, Théorie ancrée