Le Quantum Technologies Working Group (QTWG) des banques centrales du G7 annonce la publication de son rapport : « Preparing for Quantum Technologies : Key Considerations for Financial Sector Participants ». Ce document constitue le premier livrable public de ce groupe de travail.
Qu’est-ce que le Quantum Technologies Working Group (QTWG) ?
Créé en 2025, le QTWG réunit les banques centrales du G7 afin d’analyser les implications économiques, financières et institutionnelles des technologies quantiques et de contribuer à un dialogue informé entre acteurs publics, financiers et technologiques.
Le QTWG, co-présidé par la Banque de France et la Bank of Canada, réunit également la Deutsche Bundesbank, la Bank of England, la Banca d’Italia, la Bank of Japan, le Federal Reserve Board et la Banque Centrale Européenne.
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Un rapport de référence pour éclairer l’impact des ordinateurs quantiques
Les technologies dites « quantiques », relevant initialement de la recherche scientifique, sont aujourd’hui considérées par les institutions financières comme à la fois une source d’opportunités et de risques. Elles pourraient avoir des implications significatives pour la sécurité, la résilience et le bon fonctionnement du système financier, tout en transformant potentiellement les capacités de traitement et d’exploitation de l’information.
Dans ce contexte, le rapport du QTWG vise à établir une base d’analyse commune sur les implications potentielles des technologies quantiques pour les activités de banque centrale et, plus largement, pour l’écosystème financier.
Il s’inscrit dans une démarche institutionnelle, analytique et non prescriptive : il ne formule pas de recommandations opérationnelles, mais propose un cadre structuré pour comprendre le paysage actuel, incluant les enjeux, les incertitudes et les principales questions associées à ces technologies.
Une considération fondamentalement systémique
L’attention portée aux technologies quantiques tient à leur impact potentiel sur les mécanismes de confiance qui sous-tendent le système financier, en particulier les systèmes cryptographiques utilisés pour sécuriser les échanges numériques, les paiements et les données financières.
Les avancées attendues en informatique quantique pourraient, à terme, remettre en cause certaines hypothèses de sécurité sur lesquelles reposent ces systèmes. Si le calendrier de ces évolutions demeure incertain, leur nature et leur portée sont désormais identifiées. En particulier, le risque dit d’« attaque rétroactive (harvest now, decrypt later) », selon lequel des données chiffrées collectées aujourd’hui pourraient être déchiffrées à l’avenir, souligne la nécessité de prendre en compte la confidentialité des données à long terme.
Cette combinaison de risques établis, d’une incertitude quant à leur horizon temporel et de potentielles implications systémiques justifie une approche proactive en matière de sécurisation des données, compte tenu des enjeux de stabilité financière et de résilience des infrastructures de marché. Dans des environnements fortement interconnectés, des niveaux de préparation hétérogènes pourraient en effet créer des vulnérabilités susceptibles d’affecter l’ensemble, soulignant l’enjeu d’une coordination efficiente des acteurs du système financier.
Des opportunités émergentes à explorer
Le rapport souligne également que les technologies quantiques pourraient, à terme, créer de nouvelles opportunités en matière de traitement de l’information, en permettant d’aborder certains types de problèmes aujourd’hui difficiles ou très longs à traiter avec les approches de calcul classique.
Ces perspectives concernent notamment des situations caractérisées par une forte complexité computationnelle ou par des volumes importants de données, avec des applications potentielles pour certains cas d’usage financiers, tels que la modélisation des risques, ainsi que pour les fonctions d’analyse et de recherche économique au sein des banques centrales.
À ce stade, la portée et l’horizon de maturité de ces opportunités demeurent incertains. Leur concrétisation dépendra des avancées technologiques et de leur capacité à démontrer une valeur ajoutée tangible dans des environnements opérationnels.
Structurer l’anticipation dans un environnement en évolution
Dans ce contexte, le rapport met en avant la nécessité de proposer un cadre partagé d’analyse, afin d’éclairer les décisions futures, reposant notamment sur :
- Une coopération étroite entre banques centrales, autorités publiques et acteurs financiers ;
- Le développement de référentiels communs permettant d’évaluer de manière cohérente les risques, les opportunités et les arbitrages associés aux technologies quantiques.
Une dynamique collective tournée vers l’avenir
Le rapport s’appuie sur des travaux déjà engagés par les banques centrales du G7, incluant des activités de recherche, des expérimentations et des échanges avec les milieux académiques et technologiques. Il s’inscrit dans un processus de réflexion structuré et continu, appelé à évoluer en fonction des avancées scientifiques et technologiques ainsi que des besoins des politiques publiques.
Agnès Bénassy-Quéré, Sous-gouverneure de la Banque de France, déclare : « Le rôle des banques centrales est d’anticiper et d’accompagner les transformations susceptibles d’affecter le système financier. Les technologies quantiques s’inscrivent dans cette dynamique, en ouvrant de nouvelles voies d’exploration tout en approfondissant la compréhension de certains risques dont les implications sont déjà identifiées. Ce rapport fournit un cadre analytique partagé pour structurer la compréhension collective et guider les travaux futurs de l’ensemble de l’écosystème. »