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Le français des affaires s’organise face à la montée des anglicismes

L’Association pour promouvoir le français des affaires et les langues partenaires (APFA) vient d’annoncer une nouvelle étape dans son action en faveur de la langue française. À l’occasion de la publication de la Lettre de l’Avenir Lumineux du Français des Affaires (LALFA n° 19), l’association officialise la mise en place de son Groupe de travail terminologique, destiné à renforcer la présence d’un vocabulaire français dans la vie économique, financière et managériale.

Le français des affaires face à la multiplication des expressions anglaises

Cette initiative intervient à un moment où les expressions anglaises se multiplient dans le monde de l’entreprise. Les termes business school, management program, after the work, before the work ou encore marketing intensif sont désormais utilisés sans véritable réflexion sur l’existence d’équivalents français. Pour l’APFA, il ne s’agit pas de rejeter toute influence étrangère, mais de préserver la capacité du français à nommer avec précision les réalités économiques contemporaines.

Le dispositif retenu repose sur une méthode simple et participative. Les adhérents sont invités à signaler les expressions étrangères qu’ils rencontrent dans les médias, les entreprises, les publications spécialisées ou les établissements d’enseignement supérieur. Chaque proposition est accompagnée de ses sources avant d’être examinée par le Bureau, enrichie sous la forme d’une fiche terminologique, soumise à la commission compétente puis intégrée au site de l’association après validation.

Cette organisation s’appuie sur un travail considérable entrepris depuis un quart de siècle par Jean-Marc Chevrot, créateur du site internet de l’APFA en 2000. Les lexiques qu’il développe et actualise régulièrement constituent aujourd’hui l’une des principales bases documentaires consacrées au français des affaires. Ils rassemblent aussi bien les créations terminologiques de l’association que les termes officiellement retenus par les commissions françaises de terminologie et publiés au Journal officiel.

Parmi les dossiers actuellement ouverts figure également le terme NEET (Not in Education, Employment or Training), largement employé pour désigner les jeunes qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. L’APFA sollicite ses adhérents afin de proposer un équivalent français susceptible de remplacer cet acronyme désormais très présent dans les publications économiques, sociologiques et administratives. Le bulletin rappelle les principales utilisations du terme dans la presse et les travaux universitaires depuis plus de quinze ans.

La lettre rappelle également l’importance du travail conduit par la Commission d’enrichissement de la langue française, dont les listes terminologiques publiées au Journal officiel offrent régulièrement des équivalents français dans des domaines aussi variés que la santé, la transition énergétique ou les télécommunications. Figurent notamment parmi les termes récemment officialisés espace de confiance, cadastre solaire, habitat partagé, rafraîchissement passif, vélorue, mise à jour à distance ou encore stockage à la demande.

Au-delà de ces travaux terminologiques, l’initiative rappelle un enjeu plus large. Une langue qui cesse de produire ses propres concepts devient progressivement dépendante de ceux élaborés ailleurs. Dans le domaine de la gestion, où les innovations sont souvent accompagnées d’une terminologie anglo-américaine immédiatement reprise sans traduction, la capacité à créer un vocabulaire français précis constitue un élément de souveraineté intellectuelle autant qu’un facteur de diffusion des connaissances.

Et pour les sciences de gestion…

Pour les sciences de gestion comme pour les professions économiques, la défense du français ne relève donc pas d’une démarche nostalgique. Elle participe au contraire de la qualité de la pensée, de la précision des concepts et de la transmission des savoirs dans l’ensemble de l’espace francophone. C’est précisément l’ambition que poursuit aujourd’hui l’APFA en donnant une nouvelle dimension à son action terminologique.

Illustration par Susanne Jutzeler de Pixabay