Modifié le 16 juillet 2026.
Le 16 juillet 2026 s’est tenue, en ligne et en accès libre, la seconde édition du Colloque doctoral de l’Association des Doctorants Francophones en Gestion (ADFG), consacrée à L’innovation organisationnelle face aux transitions sociétales dans un monde VUCA.
Organisée sous la présidence de Benjamin Adam et la coordination du Dr Ibrahima Kalil Diakité, cette journée a réuni une communauté résolument internationale de jeunes chercheurs — du Maroc au Sénégal, du Togo au Cameroun, de la Guinée au Bénin, en passant par la France, la Russie et le Canada — autour de vingt ateliers parallèles couvrant l’ensemble des champs des sciences de gestion : management des organisations, GRH, finance, marketing, logistique, comptabilité-contrôle, intelligence artificielle, RSE et entrepreneuriat.
Deux séances plénières ont ponctué la journée, l’une interrogeant « l’unité de la discipline gestionnaire par-delà sa diversité », avec les professeurs Véronique Chanut, Jean-Philippe Denis et Yvon Pesqueux, l’autre consacrée aux « supply chains digitalisées face aux vulnérabilités cyber ».

Intervention de Philippe Naszalyi lors de la clôture du colloque doctoral de l’ADFG 2026
La Revue des Sciences de Gestion, fidèle à son engagement historique auprès de la jeune recherche francophone, a eu l’honneur de clôturer ces travaux. Voici, dans son intégralité, le discours prononcé par son directeur :
« Merci de m’avoir invité à clôturer cette belle journée. J’ai vu avec plaisir que ce colloque vous a permis, ce matin, d’entendre deux éminents collègues de gestion que je connais : Jean-Philippe Denis, avec qui j’ai eu la chance de travailler à l’Université d’Évry avant qu’il ne prenne son envol vers Paris-Saclay qui fort justement ne comprendra jamais l’Université d’Evry malgré toutes les gesticulations de ses présidents, et Yvon Pesqueux, que nous avons eu la fierté de publier à une époque où le concept même de RSE faisait sourire, quand il ne faisait pas fuir, tout le landerneau académique français.
Nous avions aussi été parmi les tout premiers, en France, à parler de budget base zéro.
Autant dire que nous avons pris l’habitude d’avoir raison trop tôt, ce qui, en gestion comme ailleurs, n’est pas toujours confortable.
Je pense que Jean-Philippe Denis partage avec moi, comme également beaucoup de directeurs de revues francophones sérieuses, un même adversaire : ces classements qui s’arrogent le pouvoir de juger la recherche sans en avoir la légitimité, surtout quand ils se vendent à des modèles étrangers inadaptés à nos traditions intellectuelles
Ces modèles ne témoignent, au fond, que d’un manque d’imagination, d’un manque de réflexion, et d’une certaine veulerie à sacrifier une pensée diverse et humaniste sur l’autel de la mode du moment. On dit d’ailleurs, dans une formule qu’on attribue à Cocteau, que « qui épouse son époque est bientôt veuf ». Et Molière, dans Dom Juan, ne dit pas autre chose à Sganarelle : « Voilà ton raisonnement qui a le nez cassé. »
Le thème que vous avez choisi aujourd’hui parle d’un monde VUCA. J’aime bien l’anglais, d’autant qu’il doit beaucoup au français médiéval, apporté par les Normands, le flirt n’est-il pas le charmant conter fleurette. Mais l’anglais a gardé une certaine rusticité, disons médiévale, qui lui fait manquer souvent de cette subtilité qui fait la complexité, et la richesse, de notre langue française. Je préfère donc traduire VUCA par ce qu’il désigne vraiment : un monde volatil, incertain, complexe et ambigu.
Mais le monde, au fond, n’a-t-il pas toujours été ainsi ?
C’est peut-être moins le monde qui a changé que notre capacité à le nier qui s’épuise. Et c’est précisément ce que montrent vos jeunes chercheurs, du Sénégal au Québec, du Togo à la France : l’innovation n’est plus un supplément d’âme pour les organisations, c’est une condition de survie.
Un mot enfin sur La Revue des Sciences de Gestion, que j’ai l’honneur de diriger depuis 1990. Dès 1965, elle est sortie de l’Hexagone sans jamais renier la Francophonie : nous comptons de tout temps entre 25 et 45% d’auteurs non français. Autant dire que nous sommes, avant l’heure, la revue internationale des sciences de gestion — internationale sans complexe, et francophone sans repli. Et avoir 61 ans tout en continuant à faire de la place à la jeune recherche, même inachevée, même bancale, c’est un peu contre-intuitif !
D’habitude, plus une revue vieillit, plus elle se momifie dans le mainstream anglo-américain. Nous, c’est l’inverse : nous préférons un article encore un peu vert mais qui pense, à un article bien poli qui ne dit rien. Disons que nous sommes une revue senior avec un tempérament de jeune chercheur récalcitrant — et c’est très bien comme ça.
Alors à vos plumes, j’attends vos papiers ! Bien sur après leur sélection par votre association que je salue en son président-co-fondateur Benjamin Adam à qui je souhaite une agréable suite à son mandat.
J’exprime ma gratitude également à Ibrahima Diakité, le coordonnateur de cette deuxième édition menée de main de maître !
Et place aux trois meilleures communications ! »
Le programme complet 2026
Le programme complet de cette seconde édition, avec le détail des vingt ateliers, des intervenants et des communications présentées tout au long de la journée, est consultable ci-dessous.
L’édition ADFG 2027 en préparation
La prochaine édition ADFG 2027 sera pilotée par Samtou Kouyakoudema. Ce dernier vient de soutenir sa thèse à l’université de Kara, au Togo.
Il sera secondé par Alexandru Iacob, doctorant à Paris II.