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Dette publique française : regardons-nous le mauvais chiffre ?

À écouter les “gouvernants de rencontre” et les “responsables” politiques qui se préparent déjà pour 2027, et singulièrement ceux qui se prétendent comme les plus « sérieux » et les plus « responsables », la France n’aurait plus qu’un problème : sa dette publique surtout d’ailleurs celle qui concerne les plus démunis parmi nous !

Le patronat ne semble guère regarder plus loin, on y est habitué. À la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef, la réduction de la dépense publique et la dette occupaient encore une place centrale dans les discours.

Le chiffre est, il est vrai, impressionnant : à la fin du deuxième trimestre 2026, la dette publique française atteint 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du produit intérieur brut¹. Mais est-ce vraiment le seul chiffre qu’il faudrait regarder ?

dette publique française
dette publique française

La dette n’est pas toute l’économie

Il ne s’agit évidemment pas de nier le problème des finances publiques. Un déficit persistant et une dette croissante ont un coût et réduisent les marges de manœuvre de l’État. Mais le déficit budgétaire ne décrit qu’une partie de la situation économique d’un pays.

D’autres questions devraient être posées avec au moins autant d’insistance :

  • Que produit la France ?
  • Que vend-elle au reste du monde ?
  • Que lui achète-t-elle ? Qui finance ses déficits ?
  • Que possède-t-elle à l’étranger ?
  • Et que doit-elle au reste du monde ?

Or un chiffre est presque absent du débat public : –885,4 milliards d’euros. C’est, à la fin de 2025, la position extérieure nette de la France, soit –29,6 % du PIB². Autrement dit, les engagements financiers de la France envers le reste du monde excèdent de 885,4 milliards d’euros les avoirs financiers français sur le reste du monde.

Ce chiffre ne signifie évidemment pas que « la France a perdu 885 milliards ». Il mesure autre chose : la situation patrimoniale financière nette du pays vis-à-vis de l’extérieur. Mais pourquoi parle-t-on quotidiennement des 3 595,5 milliards de dette publique qui ne seront jamais remboursés et presque jamais des –885,4 milliards de position extérieure nette ?

Jacques Rueff avait pourtant posé la question

Il y a quelque chose d’étrange à voir tant de prétendus responsables politiques invoquer aujourd’hui le général de Gaulle tout en oubliant l’une des préoccupations économiques essentielles de celui-ci. Conseillé notamment par Jacques Rueff, Charles de Gaulle ne considérait pas l’équilibre budgétaire comme une fin en soi. Le plan de 1958 associait assainissement des finances publiques, réforme monétaire, compétitivité et rétablissement des équilibres extérieurs.

Et, lors de sa conférence de presse du 4 février 1965, de Gaulle allait directement à l’essentiel en rappelant ce qu’il appelait la « règle d’or » des relations économiques internationales : l’obligation d’équilibrer la balance des paiements résultant des échanges³. La balance des paiements, pas seulement le budget. Cette distinction est essentielle.

Un pays peut réduire son déficit public tout en continuant à perdre des capacités productives, à importer davantage de biens qu’il n’en exporte et à accroître sa dépendance financière envers l’extérieur.

Vingt ans de déficit commercial

La France en fournit malheureusement une illustration. Après avoir encore dégagé un important excédent commercial à la fin des années 1990, elle connaît depuis le début des années 2000 un déficit persistant de ses échanges de biens. Le déficit commercial atteint le niveau exceptionnel de 161,7 milliards d’euros en 2022. Il diminue ensuite avec la normalisation de la facture énergétique : 98,4 milliards en 2023, 79,2 milliards en 2024 puis 69,2 milliards en 2025⁴. L’amélioration est réelle. Mais un déficit de 69,2 milliards demeure un déficit. Et, malgré l’amélioration du commerce des biens, le compte des transactions courantes reste lui-même déficitaire de 11,6 milliards d’euros en 2025².

Il faut donc regarder simultanément le budget de l’État, l’épargne, l’investissement, la production, les échanges et le financement extérieur. C’est précisément ce que rappelle une identité élémentaire de la comptabilité nationale :

CA = (S_{priv} – I) + (T – G)

CA représente le solde des transactions courantes ; Spriv l’épargne privée ; I l’investissement ; T les recettes publiques et G les dépenses publiques.

Le solde budgétaire n’est donc qu’un terme d’une équation beaucoup plus vaste.

À qui devons-nous ?

Une autre évolution devrait retenir l’attention. Au 31 mars 2026, les non-résidents détiennent 55,9 % des titres de dette à long terme émis par les administrations publiques françaises⁵. Cela ne signifie pas que 55,9 % de toute la dette publique française serait « étrangère », encore moins que 55,9 % de sa charge d’intérêts quitterait automatiquement le territoire. Mais cela montre à quel point le financement de l’État est désormais inséré dans les marchés financiers internationaux. La question n’est donc plus seulement : combien devons-nous ? Elle est aussi : à qui devons-nous ?

Le Japon permet de comprendre la différence. Sa dette publique brute représente près de deux fois et demie son PIB et dépasse très largement, en proportion, celle de la France. Mais le Japon demeure parallèlement une nation créancière nette vis-à-vis du reste du monde.

Comparer uniquement les ratios de dette publique sans regarder la position extérieure, l’épargne nationale et la détention de cette dette revient donc à comparer des réalités profondément différentes.

Le mauvais compteur de dette publique

La dette publique française constitue un problème sérieux. Précisément pour cette raison, elle mérite mieux que les slogans. Réduire la politique économique à la seule diminution de la dépense publique revient à confondre une partie du diagnostic avec le diagnostic lui-même.

La France doit évidemment maîtriser ses finances publiques. Mais elle doit surtout retrouver la capacité de produire, d’investir, d’exporter et d’orienter son épargne vers son appareil productif.

Louis XI le comprenait déjà lorsqu’il cherchait à substituer une production française de soieries aux importations italiennes. Colbert en fit une politique. Jacques Rueff en renouvela l’analyse au XXe siècle. Et Charles de Gaulle en tira une conception de l’indépendance économique. Plus de soixante ans après sa conférence de presse de 1965, la question demeure donc étonnamment actuelle : qu’en est-il de notre balance des paiements ?

Car à force de regarder seulement la dette, nous risquons de ne pas voir où se trouve le véritable problème , c’est tout l’enjeu économique !


Notes

¹ Institut national de la statistique et des études économiques, « À la fin du deuxième trimestre 2026, le ratio de dette publique s’établit à 119,0 % du PIB », Informations rapides, n° 239, 29 septembre 2026.

² Banque de France, La balance des paiements et la position extérieure de la France, Rapport annuel 2025, Paris, 2026.

³ Charles de Gaulle, conférence de presse du 4 février 1965, Palais de l’Élysée, dans Discours et messages, t. IV, Pour l’effort, août 1962-décembre 1965, Paris, Plon, 1970.

⁴ Direction générale des douanes et droits indirects, Le chiffre du commerce extérieur. Analyse annuelle 2025, 6 février 2026.

⁵ Banque de France, « Émission et détention de titres français », premier trimestre 2026.

Nouveau Mastère en management des risques

Après le Mastère Spécialisé (MS) autour de l’Informatique et des Libertés, l’ISEP poursuit
sa réflexion autour de la maîtrise de l’information et de l’évolution du métier d’ingénieur. En janvier prochain, l’école d’ingénieurs ouvre un programme novateur : le  MS
en «  management des risques par l’intelligence économique », accrédité par la CGE.

L’objectif de ce Mastère est de permettre aux acteurs impliqués dans les différents aspects
du management du « risque sécuritaire global » – anticipation, identification, prévention et gestion -, de mettre en œuvre les concepts, moyens et outils offerts par l’intelligence
économique. Cette formation généraliste de 9 mois, à temps partiel, bénéficie du partenariat de l’association du Forum ATENA, de l’IFIE (Institut Français d’Intelligence Economique) et du Cercle
d’Intelligence Economique du MEDEF Ouest Parisien. Elle s’adresse à toute personne confrontée à la gestion des risques dans son travail.

 

Une approche novatrice

Selon Alain Juillet, Haut Responsable chargé de l’Intelligence Economique au Secrétariat Général de la Défense Nationale,
l’intelligence économique (IE) se définit comme : « la maîtrise et la protection de l’information stratégique pour tous les acteurs économiques ». L’IE s’attache à la bonne
utilisation de l’information par l’entreprise, à la fois en interne et en externe, comme par exemple la veille, le knowledge management, l’informatique décisionnelle, le lobbying, etc.

Par ailleurs, les professionnels de l’intelligence économique ont constaté que les catastrophes sont souvent causées par
un défaut de circulation, d’acquisition ou de traitement de l’information. Ils ont également noté que bien souvent, lorsqu’elles subissent des attaques ou craignent un risque, les organisations
s’adressent aux professionnels de l’IE.

Selon les analyses de l’ISEP et d’experts sur le sujet, l’IE se révèle être un outil au service du « Management des
Risques » (Risques de sûreté, de sécurité, environnementaux et managériaux). Les professionnels du secteur, (le Forum ATENA, l’IFIE – l’Institut Français d’Intelligence Economique – et le
Cercle d’Intelligence Economique du MEDEF Ouest Parisien) ont très vite apporté leur soutien à l’ISEP dans ses démarches de mettre son expertise au service des besoins du marché. En effet, le
« Management des Risques » est au sommet des préoccupations actuelles des organismes (entreprises, collectivités territoriales, institutions), en particulier en raison des
réglementations de plus en plus contraignantes et de la « judiciarisation » de l’économie.  

Le Mastère Spécialisé de l’ISEP « en management des risques par l’intelligence économique » est la seule
formation de ce niveau en France à faire la synthèse de ces deux notions pour former les managers généralistes des risques, d’aujourd’hui et de demain. De plus, elle s’inscrit naturellement dans
la continuité du MS en Management et Protection des Données à Caractère Personnelle, qui prépare déjà au risque juridique, d’image et de sécurité des systèmes d’information.

 

Une formation avant-gardiste

La formation, répartie sur 9 mois à temps partiel (soit 600 heures au total), sera animée par des experts et des
consultants en activité, tous sélectionnés par un Comité de pilotage (dont font parti entre autres Bernard Besson, chargé de mission auprès du Haut Responsable à l’IE et Jean-Claude Possin, tous
deux auteurs du livre « l’Intelligence des Risques » aux éditions de l’IFIE). La formation bénéficie donc d’un fort ancrage dans le monde professionnel.

Elle s’adresse en particulier aux responsables du système d’intelligence économique, aux responsables de gestion des
risques, aux auditeurs de système d’intelligence économique, mais également à toute personne confrontée aux risques dans leur travail au quotidien (Directeur de la communication qui doit établir
une communication de crise, etc.).

L’enseignement s’articule autour de 4 grandes thématiques, subdivisées en modules :

Les finalités de l’intelligence économique : intelligence économique, information et risques ; économie de l’information et de la connaissance ; les praticiens et les
acteurs de l’intelligence économique ; etc.

Le projet d’intelligence économique : le management du système d’intelligence économique ; le management de l’organisation par l’intelligence économique ;
l’audit d’intelligence économique ; etc.

L’intelligence des risques : l’intelligence économique au service de la prévention des risques ; la « veille sécuritaire » et le « risque
sécuritaire global » ; les risques de sûreté ; la protection du patrimoine et la propriété intellectuelle ; etc.

La prévention des risques et la protection : l’intelligence des risques au service de la détection, identification, prévention, hiérarchisation et de la mission protection de
l’entreprise ; la cellule de gestion de crise, de sortie de crise, etc.

Les cours théoriques s’accompagnent d’applications pratiques, les « projets transversaux », portant sur la
pratique du métier en situation réelle :

– Intelligence économique sur une zone géographique

– Analyse du système d’intelligence économique d’une entreprise réelle

– Analyse du risque d’une entreprise réelle

– Jeu de rôle de simulation de crise et management du risque.

Enfin, un stage d’un minimum de 4 mois et la rédaction d’une thèse professionnelle complètent la formation.

 

Informations complémentaires :

14 950 € pour les jeunes diplômés

14 950 € H.T. pour les autres situations

Accessible en formation initiale ou en formation continue, avec possibilité de continuer à exercer une activité
professionnelle en parallèle.

http://www.isep.fr